Prodways, le leader de l’impression 3D en France, a quintuplé son chiffre d’affaires entre 2014 et 2016, atteignant 25,2 millions d’euros. Fin avril, la filiale du groupe industriel Gorgé a entamé son processus d’introduction en bourse sur Euronext, misant sur une cotation courant mai. La somme qu’elle prévoit de lever par cette opération doit servir son objectif d’entrer dans le Top 3 mondial.
Entrée en bourse de Prodways pour lever entre 39,5 et 52,3 millions d’euros
À l’horizon 2021, le marché de l’impression 3D devrait peser 25 milliards d’euros, soit 20,3 milliards de plus qu’à l’heure actuelle. Grâce à une croissance annuelle de 35 %, le groupe Gorgé veut franchir la barre des 60 millions d’euros de revenus dès 2019 et 100 millions en 2021. Pour financer sa croissance, il projette de lever entre 39,5 et 52,3 millions d’euros par son entrée sur les marchés.
Le groupe aéronautique Safran est l’un des nouveaux actionnaires, à hauteur de 2,2 % du capital par l’intermédiaire de son fonds Safran Corporate Ventures. Il a par ailleurs conclu un contrat de cinq ans avec Prodways pour la production de pièces de moteurs d’avions.
La levée de fonds verra également la participation de Bpifrance, BNP Paribas Développement, Financière Arbevel, ainsi que Fimalac, pour financer les éventuelles acquisitions, les dépenses de R&D et pour couvrir un important besoin en fonds de roulement.
Les facteurs du succès de Prodways
L’industriel français doit notamment son succès à sa technologie Movinglight, couverte par 13 brevets, et qui permet une rapidité d’impression inégalée avec une extrême précision.
Par ailleurs, le groupe s’est spécialisé sur le segment BtoB, s’évitant les déboires de ses principaux concurrents, Stratasys et 3DSystems, qui se sont essayés aux imprimantes grand public.
Prodways est resté focalisé sur la clientèle industrielle, qui ne représente que 4 % des ventes en volume, mais accapare 82 % de la valeur totale du secteur. Par ailleurs, le BtoB est nettement plus rémunérateur ; depuis 2013, Prodways a vendu, notamment en Allemagne et aux États-Unis, 76 machines coûtant entre 200 000 € et 600 000 € chacune.
Elle vient d’élargir son offre avec une nouvelle gamme plus abordable avec des modèles vendus à moins de 100 000 euros.
Enfin, Prodways doit beaucoup à son intégration verticale. Des matières de base à la conception et l’assemblage, tout est fait sur son site des Yvelines. 70 % de son chiffre d’affaires est même généré par l’après-vente et la vente de matières.
De plus, l’industriel fabrique annuellement plus d’un million de pièces spéciales pour ses clients avec ses propres imprimantes 3D. Lorsque ceux-ci souhaitent ainsi se lancer dans la production industrielle, ils ont déjà le fournisseur de référence pour acheter les machines et les matières nécessaires à l’impression.