
D’après le 7ème baromètre annuel publié par le Cabinet Arc, les retards de paiement augmentent pour les petites et moyennes entreprises tandis qu’une amélioration est constatée chez les grands groupes. Par ailleurs, cette étude effectuée avec l’entreprise de sondages Ifop indique également que la situation économique retrouve de la vigueur.
Au mois d’octobre dernier, le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a été interviewé par Jean-Marc Sylvestre, journaliste spécialiste de l’économie, et Denis Le Bossé, fondateur du Cabinet Arc sur le thème « Quelle visibilité pour les entreprises en 2018 ? ».
Il est notamment revenu sur l’explosion des retards de paiement. En effet, les PME ont vu leurs délais augmenter cette année. En outre, il faut également savoir que cela a un grand impact sur la gestion de la trésorerie d’une société.
Notons que pour y remédier, la majorité des dirigeants d’entreprise misent actuellement sur la dématérialisation des factures.
Les chiffres du baromètre de l’Ifop pour le Cabinet Arc
La durée des retards de règlement des factures d'une PME à ses fournisseurs s'établit en moyenne à 14,5 jours en 2017, contre 11,8 jours l'an dernier. Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire affirme qu’ :
En France, la situation économique est la meilleure de ces 10 dernières années. Pour autant, les délais de paiement sont encore trop longs. En outre, le cœur du problème, ce ne sont pas les banques, c’est la profitabilité des entreprises car les charges et les impôts sont trop élevés. Nous réinjectons actuellement des liquidités dans l’économie. Alléger la fiscalité sur le capital alors qu’on faisait l’inverse depuis 30 ans, cela prend du temps à comprendre.
Bruno Le Maire.
En revanche, la situation s’améliore pour les grands groupes. Le retard de paiement est de 9,6 jours au lieu de 10,4 jours en 2016. Le baromètre de l’Ifop, entreprise de sondage et d'études marketing, révèle effectivement que pour les PME, 11% des longs retards se trouvent actuellement à plus de 30 jours.
L’année dernière, ils étaient de 4%. Quant aux petits retards, ils sont en baisse. Denis Le Bossé, président du Cabinet Arc, estime que :
Les grands groupes améliorent globalement leur comportement de paiement, sans doute sous l’effet de la politique du Name & Shame.
Denis Le Bossé.
La dématérialisation des factures comme solution
Les retards de paiement entraînent souvent d’importantes difficultés de trésorerie. D’après l’étude réalisée par l’Ifop, de nombreuses solutions permettent d’y faire face. 35% des entreprises se servent par exemple du découvert bancaire.
27% préfèrent allonger le délai de paiement. Par ailleurs, 17% choisissent les services d’affacturages. Denis Le Bossé souligne que :
Les entreprises considèrent ces outils inadéquats. De plus, elles restent très attachées au financement bancaire.
Denis Le Bossé.
À présent, 94% des gérants estiment que le non-respect des délais de paiement pénalise considérablement les entreprises. Par ailleurs, plus de la moitié d’entre eux pensent qu’il existe différentes manières de les diminuer. Denis Le Bossé explique que :
Même si le Name & Shame s’est révélé efficace, la publication des amendes uniquement sur le site de la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) n’apparaît plus suffisante. La légère amélioration du comportement de paiement des grands groupes devrait inciter les pouvoirs publics à renforcer les contrôles.
Denis Le Bossé.
En outre, il faut également savoir que 31% des entreprises sondées pensent que la solution la plus efficace est la diminution du délai maximal de paiement à 30 jours. Le baromètre annuel de l’Ifop indique que :
76% des entreprises estiment que le secteur public respecte moins bien les délais de paiement que le secteur privé. Par ailleurs, 53% des PME refusent de répondre aux appels d’offres émis par le secteur public par crainte de subir des délais de paiement trop longs ou de ne pas être payées.