Presstalis traverse de nouveau une mauvaise passe. Ce distributeur de presse souffre notamment d’une conjoncture de baisse de la vente au numéro. Le plan de sortie de crise validé n’épargne malheureusement pas le personnel. Le tribunal de commerce et le ministère de la culture sont aussi venus à la rescousse.

Comme en 2012, Presstalis doit aujourd’hui faire face à des problèmes internes. Pour rappel, l’entreprise commerciale était au bord de la faillite. S’il s’en est sorti grâce à l’aide des éditeurs et de l’État, ses effectifs ont été réduits de moitié. En ce début d’année, il est à nouveau sujet à un risque de cessation de paiement.

La stratégie de sortie de crise proposée par sa nouvelle PDG inclut encore une fois une compression du personnel. Heureusement, le distributeur peut compter sur un certain nombre d’institutions pour lui sauver la mise. Parmi elles, figurent le tribunal de commerce, ainsi que le ministère de la Culture.

Une situation paradoxale

En ce début d’année, la presse écrite est sujette au paradoxe. D’une part, de nombreux titres émergent, à l’instar de l’Ebdo et Vraiment. Le lancement d’un nouvel hebdomadaire est même annoncé pour le 21 mars prochain.

D’autre part, la souffrance du secteur de la distribution est palpable. Presstalis, entreprise-pilier dans le domaine, traverse effectivement un mauvais pas. Les rumeurs d’une cessation de paiement circulent.

En cause : la chute de la vente au numéro, mais aussi des erreurs stratégiques passées. Ce distributeur est pourtant l’un des acteurs majeurs du secteur, en diffusant 4 000 titres dans 25 000 points de vente.

Pour limiter les conséquences, Michèle Benbunan, nouvelle PDG de Presstalis a proposé un PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi) aux syndicats. Celui-ci est néanmoins de nature à supprimer jusqu’à 300 postes, soit à peu près 25 % des effectifs. Il s’agit pourtant d’un mal nécessaire, visant un retour à l’équilibre du distributeur vers fin 2019.

Pour une réforme en profondeur du secteur

Vers la fin de l’année 2017, Presstalis a fait part à ses clients de sa décision de retenir 25 % des règlements. Il s’agit d’une somme qu’il devrait leur verser jusqu’à fin janvier.

Selon le distributeur, cette mesure a été prise pour répondre à ses besoins de trésorerie à hauteur de 37 millions d’euros. Une situation plus que délicate qui a amené le tribunal de commerce à nommer un mandataire ad hoc pour des services d’accompagnement adaptés.

De son côté, le ministère de la Culture impose une réforme structurelle du secteur, pour accompagner ce énième sauvetage. Une occasion pour le gouvernement de pointer du doigt la loi Bichet, accusée d’avoir engendré un système inadapté.

En effet, le marché a subi de nombreux changements, à cause notamment de la baisse du nombre d’exemplaires à hauteur de 50 % en 10 ans.