Tête d'avion airbus

Dans un récent communiqué, Airbus menace de quitter le Royaume-Uni si Londres ne parvient pas à trouver un terrain d’entente avec Bruxelles sur l’après-Brexit. En l’absence de compromis, l’avenir de l’avionneur dans le pays serait en effet un désastre. Fait inédit, c’est la première fois qu’une entreprise exprime aussi clairement sa position en cas d’un Brexit sans accord.

Airbus pourrait quitter le Royaume-Uni

Un timing bien choisi. Airbus publie son communiqué à l’approche du sommet européen. Une façon pour l’avionneur de mettre la pression sur Londres afin de trouver un accord avec Bruxelles sur la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Une menace que le gouvernement britannique ne peut d’ailleurs prendre à la légère.

En effet, Airbus représente un poids lourd dans l’économie du pays. Les contributions du groupe y sont estimées à environ 7,8 milliards de livres. Présent sur près d’une trentaine de sites au Royaume-Uni, Airbus compte 14 000 salariés, auxquels s’ajoutent les 110 000 emplois indirects créés à travers ses 4 000 fournisseurs.

En cas d’échec des négociations, l’avionneur envisage de revoir drastiquement ses investissements au Royaume-Uni.

Un coût estimé à 1 milliard d’euros par an

Selon une étude menée par Airbus, à défaut de compromis, il risque de ne réaliser aucun bénéfice tout au long de la transition, soit jusqu’à fin 2020. La production en serait lourdement affectée. Ce qui entraînerait d’importants retards sur les commandes d’appareils A350 et A320.

Aussi, les impacts sur le besoin en fonds de roulement seraient significatifs. Les pertes sur le chiffre d’affaires peuvent s'élever à 1 milliard d’euros par semaine.

Pour l’avionneur, un accord sur le Brexit s’impose. Le groupe juge d’ailleurs que la transition est trop courte et que les réajustements de la chaîne d’approvisionnement britannique requièrent plus de temps.

De même, à l’issue de la transition, le changement de cadre pourrait probablement entraîner des arrêts à court terme de la production sur une à deux semaines.

Enfin, après le Brexit, les nouvelles procédures et règlementations sur les relations commerciales entre l’Union européenne et le Royaume-Uni occasionneraient des retards et une hausse des coûts. Au total, Airbus estime le coût annuel du Brexit pour l’écosystème britannique à 1 milliard d’euros.

Si peu d’entreprises ont jusqu’ici exprimé leurs craintes de voir la Grande-Bretagne quitter l’UE sans un accord de libre-échange, d’autres vont certainement emboîter le pas de l’avionneur. Déjà, quelques patrons ont réclamé plus de clarté de la part de Londres.