société General Motors

Pour différentes raisons, les employés de General Motors ont, pour la toute première fois en l’espace d’une décennie, décidé de se mettre en grève. Du moins, en ce qui concerne les salariés des États-Unis à travers le syndicat UAW qui enregistrent désormais plusieurs semaines d’inactivités à leur actif. Une situation qui commence à peser lourd pour le groupe et ses filiales à l’étranger.

Voilà un mois et des poussières qu’à travers le syndicat Union Auto Workers (UAW), les salariés sites américains de General Motors sont entrés en grève dans l’espoir d’améliorer leur situation salariale, mais également dans le but d’obtenir un accord de réouverture de certaines usines.

Mais jusqu’ici, force est de constater que les deux parties peinent à trouver un terrain d’entente, alors que les effets de cette mésentente commencent à peser lourds pour les employés en général et pour le groupe ne serait-ce que de sa perte moyenne de plus de 500 millions de dollars par semaine ou du recul de ses actions en bourse. Une situation qui met également en mauvaise posture ses filiales mexicaines et canadiennes.

Les salariés sont les premiers à en pâtir, mais…

En se lançant dans cette grève, l’UAW s’est fixé trois principaux objectifs :

  • Une hausse des salaires ;
  • La réouverture de sites mis à l’arrêt en 2018 ;
  • L’amélioration de la situation des salariés embauchés après le sauvetage du groupe il y a dix ans par l’administration Obama.

Seulement, force est de constater qu’après des efforts qui dure maintenant plus de quatre semaines, rien n’est encore décidé puisque les pourparlers se sont avérés un échec pour inciter le vice-président de ce syndicat fort de 50 000 employés à dire que :

« Les négociations étaient en train de mal tourner ».

En attendant, l’on peut affirmer que cette situation n’est pas pour avantager les salariés puisqu’en se lançant dans cette lutte, ils se doivent de se contenter des 250 dollars par semaine versés par l’UAW. Un montant qui est largement inférieur à leur salaire habituel.

Et il faut dire qu’ils ne sont pas les seuls à en pâtir puisque cette mésentente n’est pas sans répercussion sur les filiales de GM. À titre d’exemple, les fabriques d’assemblage et de fabrication de transmissions de Silao au Mexique ont été, en septembre dernier, contraintes de mettre au chômage technique quelque 6 000 agents. Un cas qui concerne également les succursales canadiennes qui voient leurs activités ralentir.

… General Motors également

Face à cette grève, les salariés sont certes les premiers à en pâtir, mais tout indique que cet évènement commence également à peser lourd pour General Motors même si jusqu’ici, il est parfaitement en mesure faire face à son besoin de trésorerie. Et ce, grâce à la bonne tenue de sa situation financière qui est spécialement portée par :

  • Le bénéfice de plus de 8 milliards de dollars de 2018 ; 
  • Des lignes de crédit et une trésorerie de 35 milliards de dollars ;
  • Plusieurs semaines de production de voitures en stock.

Quoi qu’il en soit, des signes d’affaiblissement se font désormais ressentir ne serait-ce que d’énumérer sa situation en bourse qui s’est manifestée à travers le recul du cours de son titre à 35 dollars pour afficher une chute de 12% en glissement mensuel. Et il faut dire que cette mauvaise passe n’est pas sans coûts pour le groupe si l’on croit un analyste de chez JP Morgan qui a tenu à faire savoir que :

« Le coût de la production perdue la première semaine pouvait être évalué à 480 millions de dollars, mais il grimpait à 575 millions de dollars dès la deuxième semaine ».

Un avis partagé par Crédit Suisse et IHS Markit qui, pour leur part, ont démontré que la chaîne logistique du groupe a affiché un retard de plus de 8 000 véhicules par jour en matière de production.