une femme d'entreprise échangeant des euros

Selon une enquête de conjoncture réalisée par la Banque de France, les entreprises aveyronnaises ont bien tenu malgré la pandémie de Covid-19. Leur trésorerie semble peu impactée par la fermeture réglementaire et leurs activités ont bien repris depuis le déconfinement. La prudence reste toutefois de mise en l’absence d’une visibilité claire sur la fin de la crise.

L’épidémie de Covid-19 met à mal toute une frange de l’économie française depuis mi-mars. Après une période d’accalmie depuis fin mai, l’incertitude plane aujourd’hui sur l’issue de la situation. C’est dans ce contexte que la Banque de France publie un rapport concernant l’état des finances des entreprises d’Aveyron.

Son enquête de conjoncture montre une certaine résilience des entreprises de ce département, avec une faible demande de prêt garanti par l’État et une trésorerie saine, grâce notamment à :

  • une bonne gestion ;
  • une anticipation des défaillances par leurs dirigeants.

Depuis la reprise, leurs activités atteignent par ailleurs en août et septembre des niveaux plus élevés que ceux observés sur la même période en 2019.

Des entreprises résistantes mais dépendantes de l’évolution de l’épidémie

L’enquête de conjoncture de la Banque de France pour l’Aveyron révèle que la santé financière des entreprises du département semble peu affectée par la crise actuelle. Grâce à une gestion rigoureuse de leur besoin de trésorerie, elles disposent d’une réserve de trésorerie importante, suffisante en tout cas pour affronter d’éventuelles baisses d’activité ou risques de défaillance. Les managers locaux ont fait preuve d’anticipation durant la crise.

Des entreprises ont contracté un PGE, même si leur situation financière ne les y oblige pas. Ces prêts sont en revanche immobilisés comme réserve de trésorerie, en prévision d’une période de vaches maigres.

Cette prudence et cette qualité de gestion contribuent grandement à la bonne tenue des entreprises locales, dont le taux de défaut sur les PGE ne devrait pas dépasser 15 % d’après l’estimation de la Banque populaire occitane. Cet équilibre financier reste néanmoins fragile et suspendu à l’évolution de la crise.

Un redémarrage économique et des inquiétudes à moyen terme

La crise économique traversée par les entreprises françaises est plus grave que celle de 2008, observe le directeur départemental de la Banque de France. Cela ne les a pas empêchées de se relever en août, surtout celles du secteur industriel, portées par la reprise de la consommation.

Leur activité progresse ainsi en septembre, même si les lignes de production ne sont pas encore pleinement exploitées. Un niveau palier devrait être atteint en octobre. La Banque de France ne se projette pas plus loin, évoquant les incertitudes liées à la deuxième vague de la pandémie.

Son rapport souligne néanmoins que les entreprises aveyronnaises se trouvent dans une belle dynamique économique et financière, du moins pour le moment.

La faible demande de PGE dans le département en est la preuve, avec seulement 2300 dossiers portant sur un volume total de 343 millions d’euros. Jusqu’en septembre, 665 prêts aidés d’une valeur de 66,4 millions d’euros ont été débloqués, une broutille comparée aux 3,3 milliards d’euros émis à l’échelle de la région.