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La flambée des coûts, une des nombreuses conséquences de la crise sanitaire, crispe les marchés financiers depuis quelques semaines. Les tensions palpables sur les places boursières semblent épargner les grandes entreprises. Elles croient fermement pouvoir surmonter cette situation grâce à des plans de réduction des frais et une légère augmentation des prix.

Depuis mars 2020, l’économie mondiale tourne au ralenti sous l’effet de la pandémie, qui a poussé des milliers d’entreprises à réduire leur voilure à cause des confinements régionaux ou nationaux. Ces mises à l’arrêt forcées ont bouleversé toute la chaîne d’approvisionnement. La pénurie de matières premières a fait augmenter les coûts de production et cela se traduit par une inflation fortement ressentie dans certains secteurs d’activités.

Les grands groupes s’en sont beaucoup inquiétés durant les douze derniers mois, si l’on se fie à leurs présentations de résultats sur la période. Néanmoins, avec la reprise qui s’amorce lentement en Europe et aux États-Unis, ces craintes se dissipent progressivement.

Des entreprises optimistes pour leur rentabilité

La perspective d’une inflation généralisée à moyen terme n’inquiète pas outre mesure les grands groupes cotés en Bourse. C’est la conclusion d’une analyse de Barclays, qui a compilé quelques centaines de présentations de résultats de grandes entreprises en Europe et aux États-Unis. Malgré les difficultés récentes à subvenir au besoin de trésorerie, ces grandes entreprises ont confiance en leur capacité à profiter de la flambée des prix pour maintenir, voire augmenter leur rentabilité. Elles disent être capables d’augmenter leurs prix et de gérer en même temps leurs coûts de production.

PPG, le producteur américain de matériaux de construction, fait partie de ceux qui ont appliqué cette stratégie. La firme reconnait avoir tiré à la hausse les prix sur certaines catégories de produits et prévoit d’en faire de même sur d’autres marchandises durant le deuxième trimestre. D’autres groupes, comme Colgate-Palmolive et Caterpillar, suivront le même chemin. Cette décision n’est pas anodine selon Barclays : en période d’inflation, les entreprises tendent à augmenter leurs prix de vente en réaction aux coûts de production élevés, mais seulement lorsque la demande revient à la normale. Or, c’est ce qui se passe aux États-Unis, en Asie et en Europe, avec la reprise de l’activité économique.

Des réductions de coûts et des marges qui reviennent en hausse

Pour essayer de limiter les frais et compenser les périodes d’inactivité, les grandes entreprises ont été beaucoup à déployer un plan de réduction d’effectifs pendant la crise sanitaire. On dénombre ainsi plus de 60 000 suppressions d’emplois au sein des groupes du CAC40 durant l’année écoulée. Renault, Safran et Airbus ont fait le plus d’efforts en la matière, leur secteur d’activité ayant été particulièrement touché par la crise.

Les réductions d’effectifs concernent également les sociétés moins affectées par la pandémie telles que :

  • Société Générale ;
  • Sanofi ;
  • Orange ;
  • Danone.

Les analystes de Barclays voient dans ces aménagements l’intention d’accroître les marges cette année. Aux États-Unis, les grandes compagnies semblent déjà bien avancées sur cet aspect : leurs marges ont atteint un nouveau record à 12,3 % selon le dernier rapport trimestriel de la Bank of America.