chefs cusiniers en activité

Particulièrement touché par les impacts des confinements, le secteur de la restauration a traversé la période d’exercice de 2020 avec beaucoup de peines. Et alors que la saison 2021 sonne à la porte, tout indique que le pire est à venir si l’on croit les professionnels du domaine s’attendant à faire face à une vague de défaillances.

Depuis le début de la crise, les professionnels de la restauration figurent en tête de liste des acteurs à enregistrer les plus grosses pertes à cause du confinement les forçant à fermer boutique pendant 5 longs mois avec lesquels s’ajoute la période de reconfinement du 30 octobre 2020 au 20 janvier 2021.

Des moments difficiles que ces opérateurs ont traversé tant bien que mal en adoptant différentes stratégies destinées essentiellement à satisfaire leur besoin de trésorerie. Mais il faut dire qu’en agissant ainsi, ils se sont tout simplement accordé une période de sursit en repoussant à 2021 la vague de faillite attendue depuis des mois.

L’heure est encore à la résistance, mais…

En regardant de près la situation des restaurants, les analystes s’accordent à dire que l’heure est encore à la résistance se manifestant à travers le niveau relativement bas du nombre de dépôts de bilan par rapport à une période normale.

Ce, malgré les conséquences des mesures de confinement entrainant une perte d’exploitation élevée à 21,5 milliards d’euros sur la période de janvier à novembre 2020 selon les estimations de Food Service Vision.

Un montant considérable qui aurait pesé plus lourd selon les observateurs estimant qu’en l’absence de réactions de la part de ces professionnels, le pire était inévitable. À Maria Bertoch d’ajouter :

Les établissements développent des stratégies de survie. Certains se focalisent sur des plats à manger chez soi permettant de bonnes marges. D’autres se posent en épicerie de quartier.

Maria Bertoch.

Ainsi, cette experte foodservice France de The NPD Group estime que le recours à la livraison et à la vente à emporter a permis au secteur de garder la tête hors de l’eau. Ce, en permettant aux restaurateurs de réaliser 5 à 15% de leur chiffre d’affaires habituel en notant que ce niveau peut même grimper jusqu’à 30% pour les plus performants.

Mais il faut dire qu’il ne s’agit pas là de l’unique levier permettant à ces derniers de résister. Les dispositifs d’aides mis en place par le gouvernement y sont aussi pour beaucoup ne serait-ce que d’énumérer le PGE (prêt garanti par l’État).

… Plus pour très longtemps

Une partie des acteurs sortira de la crise sanitaire en ayant développé de nouvelles compétences, les plus solides s’étant transformés à cette occasion, quand d’autres seront en difficulté.

C’est de cette manière que François Blouin voit l’avenir du secteur pour la période d’exercice de 2021. Et en mettant l’accent sur ceux qui auront à faire face à la difficulté, ce président fondateur du cabinet Food Service Vision estime que le pire est à venir en pensant à deux issues possibles basées sur le succès de la vaccination et de la reprise des activités au premier trimestre :

  • Dans le meilleur des cas, le marché global de la consommation hors domicile affichera une croissance de 21 points par rapport à 2020, mais serait loin de rattraper son niveau de 2019 ;
  • Dans l’hypothèse d’un impact plus lent, le niveau sera le même qu’en 2020 en affichant une perte de 35% en valeur.

Des aboutissements négatifs qui devraient concerner 30 à 40% des entreprises selon les spéculations portant à croire à une prochaine vague de défaillances d’autant plus probable avec l’arrivée à terme des dispositifs d’aides ou la reprise des activités des tribunaux de commerce.