
Le Medef a récemment rendu publics les résultats de ses enquêtes menées auprès des entreprises en ce qui concerne le remboursement du PGE (prêt garanti par l’État). Le rapport qui a permis de découvrir qu’à cause de la persistance de la crise, le report des échéances est une option choisie par davantage d’entrepreneurs.
Depuis le début de l’épidémie du coronavirus, plus de 130 milliards d’euros ont été accordés aux entreprises à travers le prêt garanti par l’État faisant bénéficier à quelque 638 000 structures de ses avantages selon les données du ministère de l’Économie.
Sachant que le moment des remboursements est prévu pour avril 2021 pour les premières de la liste des bénéficiaires, le Medef s’est demandé si elles seraient en mesure de tenir à temps leur engagement. Pour en avoir le cœur net, cette organisation patronale a mené une enquête auprès des entrepreneurs sur la période de septembre et décembre 2020 pour lui permettre de savoir qu’un nombre croissant d’entre eux envisagent de repousser les échéances.
Un bol d’air frais pour la trésorerie des entreprises
Dans son rapport, le Medef a déclaré que :
La crise s’avère plus longue que prévu, notamment pour certains secteurs d’activités particulièrement impactées, et ces PGE ont été un levier indispensable pour éviter les faillites.
Tout cela pour dire que face à la crise et ses impacts sur la situation financière et économique des entreprises, le prêt garanti par l’État a bien fait d’apporter un bol d’air frais pour la trésorerie des entreprises bénéficiaires à 89% composées de TPE avec moins de 2 millions d’euros de chiffre d’affaires à leur actif.
Dans les détails, l’organisation patronale a toutefois démontré que :
- 17% des répondants à son enquête ont déclaré que le PGE était destiné à répondre un besoin de trésorerie immédiat ;
- 38% pour une épargne de précaution ;
- 40% pour couvrir un besoin de trésorerie anticipé.
Des chiffres indiquant, selon les analystes de Medef, que leur cas n’était pas aussi désespéré qu’on pourrait le croire en ajoutant cependant que :
- Entre septembre et décembre, la part de sociétés annonçant une trésorerie solide ou plutôt solide est passée de 30% à 28% ;
- En décembre, celles déclarant une trésorerie normale a progressé de 1 point par rapport en septembre en s’élevant à 41%.
Les entrepreneurs misent sur la prudence
Alors que la date des remboursements approche à pas de géant, le Medef a découvert que la part d’entreprises avouant avoir dépensé 75% de leur PGE a progressé de quelques points pour représenter 19% d’entre elles contre 11% sur la période d’avant cette enquête.
Ce qui explique en outre le fait que davantage de dirigeants préfèrent jouer sur la prudence quant au remboursement. Le Medef le prouve à travers des données chiffrées démontrant que :
- Les entreprises prévoyant de rembourser par anticipation ou à échéance d’un an a reculé de 34% à 28% ;
- Les sociétés envisageant de rembourser sur la durée maximale de six ans sont passées de 19% à 22%.
Concernant cette dernière ligne, les auteurs de ce rapport ont également souligné qu’une partie, le quart, des interrogés, pense à une durée moyenne évoluant entre 2 et 5 ans si un autre quart ont avoué ne pas savoir sur quel pied danser.