
Bilan atténué pour la conjoncture économique en 2016, pourtant la création d’entreprises a connu une des hausses les plus significatives de ces dernières années, à 12 %.
Malgré un contexte de ralentissement des activités économiques et la défaillance des entreprises, les chiffres témoignent d’une capacité réelle à percer dans la création d’entreprises.
Chiffres à l’appui pour 2016, la hausse a été de 12 % pour les nouvelles immatriculations, soit un peu plus de 33 000 entreprises qui se sont créées. Malgré ces performances, le capital social de départ demeure largement faible. Les difficultés d’accès au financement retardent incontestablement la croissance des entreprises.
Parmi les activités qui ont été les plus dynamiques figurent les services domestiques, les débits d’alcool, et les locations de voitures. Les chiffres de référence de l’OMPIC sont plus élevés car ils comprennent notamment les entreprises qui ont démarré et celles qui sont dormantes. Les activités ralentissent, et les défaillances d’entreprises ont atteint un chiffre record, soit 7 069 défauts, ce qui représente une hausse de 21 % sur un an.
Des défis uniques
Si 98 % des créations d’entreprises en 2016 sont constituées de Sarl et de Sarlau, trois secteurs ont tout de même marqué leurs empreintes : le commerce, les BTP et l’immobilier.
Dans une situation où le prêt bancaire en entreprise reste difficile d’accès, le secteur du commerce et celui de la réparation automobile ont été les plus dynamiques avec une hausse de 14 % : 10 983 nouvelles sociétés ont pu être créées. Les nouveaux venus dans les BTP ont augmenté de 9 % avec 5 296 nouvelles unités. Enfin, près de 7 000 immatriculations ont été enregistrées dans l’immobilier et dans les services aux entreprises.
À l’intérieur des secteurs, les services domestiques ont enregistré la plus forte progression, les créations y ont augmenté exceptionnellement de 132 %. Le volume des débits dans le secteur des boissons alcoolisées a connu le double en un an. Puis, avec plus de 1 139 nouvelles immatriculations en 2016, les sociétés de location de voiture méritent également la palme.
Des fonds de démarrage faibles
Le prêt bancaire en entreprise montre ses limites, l’accès demeure difficile.
Le capital de départ de 10 000 DH concerne une entreprise sur trois. 58 % des entreprises ont démarré avec un capital compris entre 10 000 et 100 000 DH. Cette faiblesse du capital de départ demeure un handicap majeur pour les entrepreneurs.
De nombreuses entreprises font face à une situation financière délicate, malgré un taux de pérennité de 60 % sur une période de cinq ans. La pression sur leur trésorerie, surtout pour les petites entreprises, le manque de diversification du portefeuille client, l’allongement des délais de paiement sur le marché constituent autant de failles majeures pour le succès de ces entreprises. Selon les chiffres détaillés dans le site leconomiste, pour un crédit interentreprises qui avoisine les 385 milliards de DH, 51 % sont en faveur des grandes entreprises, contre 33 % seulement pour les PME.