Réunion de travail en entreprise

Les expériences des pays en développement en matière de crédits ont fait leur preuve. Voilà que le concept de microcrédit trouve sa place dans les pays avancés comme la France.

Le microcrédit constitue pour les pays occidentaux des emprunts de secours là où le crédit bancaire reste difficilement accessible à tous.

L'initiative de l’Association pour le Droit à l'Initiative Economique (ADIE) a été largement inspirée de la détermination du bangladais, et non moins prix Nobel de la paix, Mohamed Yunus, à accorder des crédits à une population moins démunie. Pourtant, le phénomène rencontre un succès dans les pays riches où le principe demeure le même : favoriser l'insertion mais aussi créer de l'emploi.

Imaginer que le microcrédit n’aurait pas sa place dans les pays occidentaux est une erreur. Le fait est là, depuis 1976, le microcrédit a connu un développement considérable dans le monde. Et la France n’en a pas échappé. Plus de 19 430 personnes ont pu bénéficier de ce crédit en 2016.

Obtenir des prêts bancaires devient difficile pour beaucoup de particuliers en France. « Le microcrédit reste associé aux pays du sud, mais il a toute sa place chez nous », précise Emmanuel Landais, directeur général de l'ADIE.

Coup de pouce

L'ADIE souhaite donner un « coup de pouce » aux personnes en situation difficile souhaitant créer leur entreprise. D'une valeur maximale de 10 000 euros, et sous la forme d'un prêt, le financement offre un accompagnement afin d'aider à franchir les premiers obstacles.

« Que chacun puisse devenir un acteur de l'économie », toujours selon Emmanuel Landais. Avec en moyenne 4 000 euros de crédits accordés, les prêts tournent autour des activités de services. Ils servent à des investissements très précis comme une voiture d'occasion, un ordinateur. Mais ils peuvent aussi servir en tant que crédit professionnel sur fond de roulement pour une entreprise.

Un taux de pérennité rare

120 antennes locales constituent aujourd’hui son réseau dans toute la France avec un taux de pérennité à 76 %, Dom-Tom compris. Cette position permet à ses 500 salariés et 1 400 bénévoles de faire connaître le dispositif du microcrédit.

Le maillage territorial est satisfaisant pour Emmanuel Landais qui aimerait pourtant continuer à développer l'association. Afin de rendre le système intéressant aux yeux des bénéficiaires potentiels, un travail de communication est prévu.

Ceux qui n'ont pas accès aux prêts bancaires ont été la cible capitale. L'association réalise tous les 3 ans une étude d'impact social de ses actions. Pour cette année, les chiffres démontrent que le microcrédit a toute sa place en France.

Ce qui est également positif, c'est la création d’emploi, avec 1,3 poste créé. En diversifiant ses offres, l'ADIE propose également un autre type de crédit professionnel basé sur le microcrédit, un appui axé plus sur l'aide à la mobilité.