
Décrocher un prêt bancaire est toujours aussi complexe pour les dirigeants de PME belges. Seuls 60 % d’entre eux obtiennent la somme demandée, les autres subissant un refus ou devant se contenter d’une partie des fonds requis. Selon une récente étude de l’Union des classes moyennes (UCM), l’insuffisance des garanties est la principale cause de la frilosité des banques.
41,6 % d’entrepreneurs essuient un refus de crédit total ou partiel
Les petites et moyennes entreprises se financent essentiellement grâce à l’apport de leurs fondateurs ou un réinvestissement, ainsi que grâce au crédit professionnel.
Malheureusement, en cinq ans, les conditions d’accès se sont durcies, déplorent 64,8 % des sondés. Ils sont toutefois moins nombreux qu’en 2015 (82,7 %) à avoir cette perception négative.
23,6 % des participants à l’enquête sont repartis bredouilles de leur banque, et en incluant les refus partiels, ils sont 41,6 % au total. Ce pourcentage est presque égal à celui des demandeurs n’ayant rencontré aucune difficulté particulière au cours de leur démarche (42,3 %). En tenant compte de l’âge de l’entreprise, l’impact est significatif : le parcours a été plus ardu pour celles qui justifient de moins de 5 ans d’activité.
En outre, les banques ont une politique claire en matière de crédit, et celle-ci définit des profils de clients à qui elles ne souhaitent pas prêter.
Les recommandations de l’UCM pour diminuer les refus de crédit
ImportantPour justifier un refus de crédit, les banques évoquent le plus fréquemment des garanties et un apport personnel insuffisants, mais ne mentionnent que rarement la qualité ou la rentabilité du projet.
Or, 70 % des PME jugent les garanties imposées excessives, souligne l’UCM.
Aussi, celle-ci plébiscite un cadre légal au lieu de l’actuel système d’accord entre les parties. Elle recommande par exemple la légalisation d’une obligation des banques de se tourner en priorité vers les garanties publiques disponibles (Sowalfin, Socamut, etc.) avant d’activer les garanties personnelles (saisie des biens du dirigeant…)
Les indemnités de réemploi, payables en cas de remboursement par anticipation du crédit professionnel aussi sont pointées du doigt pour leur niveau élevé. Les contrats conclus après la loi de financement des PME de 2014 sont particulièrement concernés, puisque le plafond de réemploi est fixé à 6 mois, entraînant d’innombrables désaccords entre les banques et les entreprises.
Pour l’UCM, cette clause devrait être réduite si le débiteur reste dans la même banque, ainsi qu’une revue des règles pour les contrats antérieurs à 2014.
Enfin, l’UCM demande au gouvernement d’instaurer une aide fiscale comme un crédit d’impôt de 30 % sur l’apport propre afin de soutenir l’autofinancement des PME.