Huasse de taux

La banque centrale américaine a relevé ses taux directeurs de 25 points de base le 15 mars dernier. Quelles pourraient être les répercussions d’une telle décision sur l’Europe et sur notre vie de tous les jours ? Le point avec Christophe Chouard, maître de conférences à l'université Paris II Panthéon Assas.

Hausse des taux longs européens

Pour Christophe Chouard, il est fort probable que la récente décision de la Fed va entraîner une hausse des taux longs en Europe, et par ricochet, celle des taux des prêts professionnels et des crédits aux particuliers. Reste à savoir à quel moment et à quel rythme ils vont remonter.

Le meilleur scénario possible, ce serait bien sûr une lente remontée des taux, de façon à ce que la normalisation s’effectue de manière douce, progressive. Compte tenu du contexte macro-économique actuel en Europe (croissance toujours faible, chômage toujours important), il y a peu de chance que l’on assiste à court terme à un retour de l’inflation, et donc à une remontée brusque des taux, insiste-t-il.

Risque de faillite pour les compagnies d’assurance

Christophe Chouard craint malgré tout qu’un scénario inverse peut prendre les investisseurs de court (assureurs, caisses de retraites, fonds de pension, gérants de fonds…), et qui est susceptible de conduire à une hausse brutale des taux.

Selon lui, les conséquences d’une flambée des taux seraient désastreuses pour les Français qui détiennent des contrats d’assurance-vie en euros (encours total estimé à 1400 milliards d’euros), dont le rendement ne cesse de fondre comme neige au soleil, en ligne avec le repli des taux ces dernières années.

Effectivement, pour ces contrats, le capital ainsi que les bénéfices passés sont garantis par un assureur. Afin d’honorer son engagement, l’assureur investit l’argent des épargnants en obligations.

Et dans le cas où les taux des obligations du marché grimperaient brusquement, le rendement des fonds en euros pourrait davantage diminuer, du fait des faibles rendements des obligations encore présentes dans les portefeuilles.

Si de nombreux épargnants, déçus par le mauvais rendement de leur contrat d’assurance-vie, se ruaient vers les compagnies d’assurance pour retirer leurs économies, l’assureur serait contraint de vendre à perte les obligations de son portefeuille et risquerait ainsi de se retrouver en faillite.