Billets d'euros

Malgré 5 années d’existence, les « euros PP » peinent à s’imposer sur le marché du financement d’entreprise. Pourtant, la formule évite le recours aux marchés pour lever plusieurs dizaines de millions d’euros auprès d’un prêteur ou d’un groupe de prêteurs. Or, une enquête de Dealogic révèle que les emprunts sous ce format ont reculé de 40 % entre 2015 et 2016.

Les émissions d’euros PP ont chuté en 2016

De 109 opérations impliquant les euros PP en 2015, le nombre est tombé à 80 l’an dernier, tandis que l’encours total est passé de 78,6 millions à 65,2 milliards d’euros seulement. Cet affaiblissement n’est pas forcément dû à une désaffection pour cette classe d’actifs, mais reflète notamment l’ajustement qui s’est opéré après l’engouement des débuts, lorsque l’afflux de très grands émetteurs testant le dispositif a généré des volumes importants.

De plus, les « Schuldschein », version allemande des euros PP, ont sur la période connu un immense succès. En 2016, les financements ont ainsi atteint un pic de 26 milliards d’euros. Et grâce à la politique monétaire incitative de la BCE, le coût des prêts bancaires a baissé notablement, attirant de nouveau les PME.

Des experts s’interrogent sur le lien entre le recul des euros PP et la « désintermédiation » qui se produit sur le secteur financier. Ce mouvement se manifeste par la multiplication de nouveaux concurrents non bancaires qui bousculent les acteurs traditionnels (plateformes de financement participatif, « fintechs », compagnies d’assurances…)

Les banques restent maîtres du financement aux entreprises

Ces solutions de financements alternatives gagnent du terrain. Les banques ayant durci leurs conditions d’octroi de prêt professionnel au lendemain de la crise financière. La réglementation a en parallèle réduit leur capacité de prêt, contribuant à l’intérêt pour les euros PP pendant les premières années.

Malgré ces contraintes et l’essor de solutions innovantes, les crédits bancaires dominent encore le financement grâce aux taux très attractifs. Entre juin 2015 à septembre 2016, leur rythme de croissance a dépassé celui des financements de marché.

Ces chiffres prouvent que les banques sont loin d’avoir perdu leur place, et que les nouvelles solutions de financement ne vont pas se substituer au crédit classique, mais le complétant sur des segments auparavant peu ou mal couverts. Toutes celles qui apparaissent viennent ainsi répondre à des besoins spécifiques d’une typologie particulière d’emprunteurs.