Etiquette Made in France

Depuis la dernière crise financière, de nombreuses entreprises spécialisées dans les produits fabriqués en France ont été contraintes de déposer le bilan. Jusqu’ici, leur nombre avoisine 600 et les contextes actuels risquent d’empirer la situation. Le « Made in France » est en mauvaise posture si l’on croit les résultats de l’enquête initiée par MIF Expo et Tudigo.

En octobre dernier, un sondage en ligne effectué auprès de 306 sites industriels de fabrication française a été effectuée par Tudigo, une plateforme de financement participatif et MIF Expo, l’initiateur de la 7ème édition du Salon du Made in France qui a eu lieu à Paris récemment. Son objectif étant de déterminer l’état de santé actuel de ce secteur.

Ainsi, tout indique que la quasi-totalité des sondés peine à développer leur activité. Et la raison principale serait directement liée à des fragilités financières. Par ailleurs, ces derniers ont profité de l’occasion pour faire part de certaines solutions qui pourraient mettre un terme à leur tourment.

Le Made in France est aux oubliettes

Le temps est révolu où les « Fabriqués en France » faisaient partie des priorités du pouvoir public. Pour preuve, l’aide financière de la part de l’État n’est plus qu’à hauteur de 9%. Très loin derrière :

  • Les labels (58%) ;
  • Les collectivités territoriales (34%) ;
  • Les associations et ONG (33%)
  • La banque publique Bpifrance (13%).

Les résultats sont alors plus qu’éloquents, 63% des opérateurs du Made in France se retrouvent quotidiennement devant des problèmes financiers.

En effet, la majorité d’entre eux (92%) ne peuvent compter que sur eux-mêmes en recourant à l’autofinancement si certains (65%) accèdent à un emprunt bancaire tandis que d’autres (52%) se font aider par leurs amis ou leurs familles.

Ce qui explique le niveau relativement faible de leur fonds de lancement qui ne dépasse pas les 10 000 euros pour le quart des sondés et avec un seuil maximal de 30 000 euros pour les autres. S’ajoutant à cela, les nombreuses difficultés auxquelles ils font face en matière de coût de production, de fiscalité ou encore de distribution et de notoriété.

Des solutions évoquées

Face à des ressources de financement des entreprises quasi inexistantes, les enquêtés ont profité du sondage pour évoquer certaines solutions qui pourraient tourner en leur faveur. Fabienne Delahaye, la directrice du salon MIF Expo est l’une des premières à proposer une option en s’exprimant en ces termes :

Si les consommateurs relocalisaient 10% de leur consommation (sur des produits fabriqués en France), cela créerait 150.000 emplois et 11 milliards d'euros de richesse supplémentaire sur le territoire.

Fabienne Delahaye.

Quant à la majorité des entreprises interrogées, elles préfèrent miser sur certaines réformes au niveau de la fiscalité :

  • 65% pour la baisse de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) afin d’encourager le développement du secteur ;
  • 64% pour la baisse des impôts sur la production et les charges sur le travail.

D’autres, moins nombreuses (55%) ont aussi évoqué la mise en place d’une mesure rendant obligatoire le marquage d’origine des produits pour mettre un terme à certaines pratiques frauduleuses.