
Depuis 2005, l’endettement des sociétés non financières par rapport au PIB n’a cessé de croître. Face à ce constat, les autorités chargées de la stabilité financière tirent la sonnette d’alarme, et appellent les banques à faire preuve de vigilance. Des mesures ont été prises pour limiter l’accès au crédit des entreprises déjà très endettées.
Une hausse de 5,6 % sur un an
Le niveau bas des taux, lié à la politique de la Banque centrale européenne pour soutenir l’économie – établi à 1,67 % en décembre 2017, le taux moyen pour les crédits professionnels inférieurs à 1 million d’euros était en baisse comparé à son niveau du mois de novembre, idem par rapport à la même période un an plus tôt –, et la bonne tenue de l’activité économique ont favorisé le recours au crédit chez les entreprises.
En 2017, la croissance du crédit, tous secteurs d’activité confondus, atteint 5,6 % sur un an (contre 4,4 % en 2016). La Banque de France estime l’encours des prêts mobilisés à 947,5 milliards d’euros. Les ETI ont présenté un plus grand appétit pour le crédit (+5,3 %), dépassant même celui des PME (+3,9 %) et des grandes entreprises (+4,7 %). Tous les secteurs sont concernés.
La dynamique a toutefois été plus forte dans le secteur des services et de l’industrie, pour lesquels l’augmentation atteint respectivement 5,1 et 7,9 %.
Pour mémoire, en 2016, la progression de l’endettement était principalement portée par le crédit aux grandes entreprises. Celui-ci avait bondi de plus de 10 % sur un an, contre moins de 3 % pour les autres catégories d’entreprises.
Un appel à la vigilance
Cette croissance de l’endettement des sociétés non financières inquiète particulièrement le Haut Conseil de Stabilité Financière. Depuis quelques années, l’autorité surveille de près l’évolution de la dette des entreprises auprès des banques et des marchés.
En décembre dernier, une mesure a été prise à l’encontre des entités déjà fortement endettées. Ainsi, à partir du 1er juillet, l’exposition des banques systémiques à ces entreprises sera plafonnée à 5 % de leurs fonds propres. Loin de vouloir freiner la dynamique du crédit, le gouverneur de la Banque de France rassure les acteurs du marché et précise que cette mesure appelle surtout les banques à la vigilance.