
Le Crédit Agricole renforce ses actions dans le capital investissement. Dans cette optique, la banque va investir 300 millions d’euros dans le capital des entreprises via le fonds CARD en partenariat avec les caisses régionales. Le dispositif s’adresse principalement aux PME présentant un chiffre d’affaires supérieur à 30 millions d’euros.
Les PME et les ETI dans le collimateur de la banque
En matière de capital investissement, les participations du Crédit Agricole à travers ses différentes filiales et structures atteignent un total de 15 milliards d'euros. Mais les investissements au capital des entreprises ne représentent qu’une faible proportion, de l’ordre de 3,6 milliards d’euros.
Ainsi, la banque entend bien les faire progresser à travers le fonds CARD. 300 millions d’euros seront mobilisés en collaboration avec les Caisses régionales.
Selon le directeur général adjoint de l’établissement,
cet engagement vise à établir de nouvelles relations, et à renforcer les liens existants. Le dispositif se veut durable, et adapté à tous les besoins.
Il cible essentiellement les PME et les ETI (entreprises de taille intermédiaires) dont le chiffre d’affaires se monte à 30 millions d’euros au moins. Les investissements prendront la forme de participations minoritaires au capital des entreprises, et ce, pour une durée pouvant aller de 5 à 10 ans.
Important La gestion du fonds est assurée par une filiale du groupe, Idia Capital Investissement.
Cette dernière aura la charge d’investir des tickets dans des projets de transmission ou de développement, un ticket pouvant valoir entre 1 million d’euros à 35 millions d’euros. Dans cette optique, le fonds peut envisager des co-investissements avec les caisses régionales et sa dizaine de sociétés de capital investissement, les prises de participation pouvant alors atteindre 50 millions d’euros.
Un choix motivé
Pour une banque, prendre des participations dans les fonds propres des entreprises n’a rien d’innovant. Depuis la crise de 2007, les banques ont réduit leurs engagements en la matière, la détention de titres devenant trop coûteuse à cause des restrictions réglementaires. À présent, d’autres motivations poussent les banques à renforcer leur capital investissement.
Le fait est que ces dernières années, il n’y a plus de réelles frontières entre un prêt professionnel classique et les différentes formes de solutions de financement des entreprises (fonds propres, dette…). Une sorte de « continuum » s’est formé entre les produits, par conséquent, les banques ne peuvent plus se limiter au seul crédit.
Elles doivent désormais envisager une large gamme de produits « sans couture ». Par ailleurs, au lieu de placer les liquidités auprès de la BCE, à des taux négatifs, elles gagnent à les faire fructifier à travers les investissements en fonds propres ou l’octroi de crédits.