Des cryptomonnaies

Depuis quelque temps, les cryptomonnaies sont sous le feu des projecteurs, particulièrement le Bitcoin, la plus populaire d’entre elles, qui s’échange à 13 500 dollars. Pourtant, à ses débuts en 2009, cette cryptomonnaie n’intéressait quasiment personne. Depuis, elle a parcouru du chemin, et a même fait des émules. Avec le Ripple, le LiteCoin, l’Ethereum… les cryptomonnaies sont aujourd’hui une réalité économique. Ainsi, de plus en plus d’entreprises se tournent vers les levées de fonds en cryptomonnaies pour obtenir des financements.

Une solution de financement innovante

Les cryptomonnaies séduisent les entreprises. En effet, elles offrent un moyen d’obtenir du financement grâce aux ICO ou Initial Coin Offering. L’ICO désigne des levées de fonds réalisées en cryptomonnaies.

L’opération s’applique aux protocoles blockchain. Cette technologie permet de stocker et de transmettre des informations de manière sécurisée et transparente, le tout sans organe de contrôle.

Le site internet Blockchain France la définit comme une base de données qui retrace l’historique de l’ensemble des échanges qui ont eu lieu entre « la chaîne de blocs » et ses utilisateurs. Il faut cependant distinguer les blockchains privées, dont l’accès est restreint, des blockchains publiques, accessibles à tous.

En d’autres termes, les ICO permettent de financer le développement d’applications qui utilisent un protocole blockchain. L’entreprise émet alors des tokens, c’est-à-dire des jetons que les investisseurs pourront utiliser pour accéder au produit ou service proposé.

L’ICO permet également aux opérateurs de la blockchain de lever rapidement des fonds. En 2016, ce mode de financement des entreprises a permis de collecter 96 millions de dollars. En 2017, le total des sommes levées à travers le monde a dépassé les 4 milliards de dollars.

Cette année, l’ICO marque un nouveau record avec la levée de fonds de La messagerie Telegram qui entend collecter jusqu’à 500 millions de dollars rien qu’en prévente, puis entre 3 à 5 milliards de dollars dans une deuxième phase.

Un processus encore mal encadré

La vague cryptomonnaie n’a pas épargné la France où les entreprises commencent à se tourner vers ce mode de financement innovant. C’est le cas entre autres de la DomRaider, une jeune pousse spécialisée dans les noms de domaines.

En septembre 2017, la start-up s’est lancée dans un ICO, et est parvenue à vendre pour 560 millions de jetons en seulement un mois, avec des investisseurs originaires de plus d’une centaine de pays différents. C’est d’ailleurs une des particularités de l’ICO : l’internationalisation de l’opération.

À la différence d’une levée de fonds classique, l’ICO n’est pas limité par les frontières géographiques et permet de toucher des investisseurs venus de divers horizons.

Ce nouveau mode de financement n’a cependant pas que des avantages. Comme pour les opérations boursières, les cryptomonnaies présentent des risques, les cours pouvant être très volatiles et faire l’objet de spéculation. Autre inconvénient des cryptomonnaies : l’absence de définition juridique et de cadre fiscal.

Contrairement aux obligations et aux actions, les tokens ne sont pas clairement identifiés sur le plan juridique. Il n’existe d’ailleurs aucun marché officiel. Aussi, la diversité des plateformes renforce l’incertitude autour de cet instrument financier.

En effet, si certaines offrent la possibilité d’acheter et de revendre des tokens, d’autres ne permettent que l’une ou l’autre opération. Les risques d’escroquerie et de fraude sont ainsi bien réels.

Face à ce constat, l’AMF (Autorité des marchés financiers) a mis en œuvre un processus de régulation des ICO. Depuis l’automne 2017, le régulateur est à pied d’œuvre pour réglementer ce type de levée de fonds.