2018 écrit sur une calculatrice et billets euros sur fond en bois

L’optimisation du financement des entreprises figure parmi les priorités du gouvernement actuel. Pour y parvenir, il a fait de l’assurance-vie son outil de prédilection en misant principalement sur les contrats eurocroissance. Seulement, les résultats sont loin des espérances si l’on tient compte des collectes enregistrées par ce produit sur la période de 2017.

L’assurance-vie demeure et toujours l’un des préférés des Français en matière d’épargne. Pour preuve, ce support représente un encours élevé à 1 700 milliards d’euros. Un capital que l’exécutif ambitionne bien d’aiguiller vers des desseins plus rémunérant en finançant le secteur entrepreneurial.

Pour y parvenir, il a mis en place, en 2013, un dispositif dans le cadre de la loi Pacte (Plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises). Celui qui tend à améliorer l’attractivité de l’eurocroissance auprès des épargnants. Mais quatre après, l’exécutif est encore loin de ses objectifs. La prudence des Français y serait pour beaucoup.

Un objectif ambitieux

En plaçant ses espérances dans l’eurocroissance, l’État s’est fixé un objectif ambitieux. Celui qui vise à réunir le maximum de fonds par le biais de ce type de contrat d’assurance afin de financer l’entrepreneuriat dans l’Hexagone. Au directeur du Cercle de l’épargne, Philippe Crevel de préciser :

« Lorsque ce produit a été créé, il y avait un objectif de 100 milliards d’euros de collecte ».

Philippe Crevel.

D’ailleurs, le gouvernement s’est donné la peine d’apporter quelques améliorations à ce produit afin de s’assurer des résultats optimaux. Soit :

  • Garantie en capital ;
  • Possibilité d’investissement à hauteur de 60% en obligations et à 40% en a parts de sociétés immobilières ou en actions ;
  • Rendement revu à la hausse.

Mais pour en bénéficier, il faudra que l’épargnant puisse patienter huit ans. Aussi, il ne pourra récupérer l’intégralité de son dépôt qu’une fois après ce délai écoulé. Des conditions qui laissent perplexes de nombreux épargnants.

Les Français toujours égaux à eux-mêmes

En matière d’épargne, les Français sont de nature prudente. Et il faut croire qu’ils ne sont pas prêts à en découdre si l’on tient compte des capitaux collectés sur l’eurocroissance en 2017. Durant cette période, ce support n’a réuni que 2,2 milliards d’euros.

Un résultat largement éloigné des 100 milliards d’euros dédié au financement entreprise, que le gouvernement s’est fixé quatre ans plus tôt. Une performance que Philippe Crevel a qualifiée de « modeste ».

Conscient de la situation, l’État s’est vu obligé de revoir à la baisse ses priorités pour un objectif plus modeste estimé à 20 milliards d’euros en s’appuyant, cette fois, sur un rendement unique annuel. Toutefois, il semble oublier que le rendement de l’eurocroissance est basé sur un mode journalier.

Mais la prudence des épargnants demeure l’entrave majeure à ce projet gouvernemental. Ces derniers préfèrent la sécurité de leur placement à sa rentabilité. En effet, 80% d’entre eux sont concentrés sur les fonds en euros dont le capital est garanti plutôt que de risquer leur liquidité dans des actions volatiles, mais potentiellement plus performantes tels que l’eurocroissance.