
Si le déploiement de l’intelligence artificielle (IA) a pris de l’ampleur depuis quelque temps, cette année-ci a été sans conteste le théâtre d’une véritable affluence tant au niveau des investisseurs privés que du gouvernement. Pour preuve, Serena Capital a constaté lors d’une récente étude que le financement des Startup qui y sont dédiées a triplé en seulement un an.
Quelque deux milliards de dollars, c’est le montant révélé par la société de gestion de fonds, Serena Capital, pour le financement des jeunes pousses européennes dédiées à l’intelligence artificielle par les investisseurs privés l’année dernière. Cet engouement a marqué le virage qu’a pris ce secteur, car il faut dire que les fonds collectés s’établissaient en moyenne à 650 millions de dollars.
Information Depuis janvier 2018, le gouvernement français s’y est aussi mis, en mettant en place un plan moyennant 1,5 milliard d’euros de participations dans le développement de certaines solutions d’IA. Son objectif étant de faire gagner le titre de leader dans le domaine à la France, une qualification qui revient, pour le moment, au Royaume-Uni.
Pour y parvenir, le pays mise sur les avantages du CAC 40 ainsi que les répercussions des investissements en série C, réalisés en 2017.
Une opportunité à saisir pour les Startup
L’équipe de gestion de Serena Capital a mené une étude sur l’avancée du déploiement de l’IA dans les pays européens. Il se trouve que ces derniers se sont actuellement engagés dans une course acharnée.
De fait, les fonds investis dans les Startup dédiées au développement des solutions y afférentes fusent de partout. Ils ont même triplé par rapport à l’année 2016, à en croire les résultats de 2017 qui ont enregistré pas moins de 2,2 milliards de dollars de financement provenant d’investisseurs privés.
Cette somme démontre un net rebondissement étant donné que les aides perçues auparavant affichaient une croissance linéaire si l’on part de 2014 avec 583 millions de dollars collectés :
- Une progression de 28 millions de dollars en 2015 ;
- Une hausse de 163 millions de dollars en 2016 ;
- Près de 1,43 million de plus en 2017.
À savoir que 50% environ de ses fonds ont été consacrés à quatre secteurs d’activité, notamment le commerce (vente et marketing), la finance, la sécurité et la santé. Il faut dire que bon nombre de jeunes pousses, misant sur un modèle B2B pour leur croissance, trouvent leur compte dans la conjoncture actuelle. D’après Jean-Baptiste Dumont, qui détient un rôle pour le moins important au sein de Serena Capital :
Cela montre que l'écosystème grandit. La technologie a atteint une certaine maturité, au moment où les entreprises arrivent elles aussi à maturité dans leur digitalisation.
Jean-Baptiste Dumont.
Des atouts significatifs pour que la France puisse asseoir sa position
À l’heure actuelle, le Royaume-Uni se trouve en première position dans la course à l’intelligence artificielle. Selon les données communiquées par Serena Capital, 782 millions de dollars ont été investis dans 224 projets mis en place dans ce pays, soit plus de 35% des fonds récoltés. La France le suit, mais de très loin avec ses 438 millions de dollars d’investissement quoiqu’elle devance son voisin d’outre-Manche si l’on tient compte de ses 60 transactions effectuées. À Jean-Baptiste Dumont de plaider :
L'écosystème anglais a toujours eu un peu d'avance sur les écosystèmes français et allemands, mais nous les rattrapons petit à petit.
Jean-Baptiste Dumont.
Pour preuve, le gouvernement français a mis sur pied, cette année, un plan de 1,5 milliard d’euros qui seront consacrés au développement des solutions d’IA. Ce financement entreprise mis à part, les atouts du CAC 40 ont été aussi mis en avant. C’est ce qu’affirme le Partner chez Serena Capital :
Les Startup françaises disposent d'un avantage de taille : le CAC 40, qui représente une concentration de grands groupes, donc de potentiels clients, bien plus importants que dans d'autres pays.
Et étant donné que cinq Startup en pleine croissance (Actility, Dataiku, Kalray, Oodrive et Shift Technology) ont réussi d’impressionnantes tours de table (de plus de 20 millions de dollars chacun) l’année dernière, Jean-Baptiste Dumont s’attend à ce que l’une d’entre elles devienne un leader européen, à l’échelle internationale. Selon ses estimations :
Il sera très difficile de s'imposer face à la Chine, qui concentre près de la moitié des 12,5 milliards de dollars investis dans l'intelligence artificielle en 2017. Mais nous pouvons imaginer qu'un Français soit dans le top 3 des entreprises européennes et américaines de l'IA.
Jean-Baptiste Dumont.