bâtiment de General Electric

La reprise du travail chez General Electric crée une tension entre employeurs et employés. Malgré les mesures de confinement liées au coronavirus, la direction de cette entreprise a en effet décidé qu’elle devait poursuivre ses activités. Une décision qui semble contrarier les salariés qui n’ont d’ailleurs pas hésité à s’y opposer d’autant qu’ils ont obtenu l’appui de différents syndicats.

Se présentant comme une assurance professionnelle pour les salariés, le Droit de retrait pour danger grave et imminent a été exercé par les employés de General Electric (GE) à la date du 17 mars dernier face à la montée en force de l’épidémie du coronavirus. Mais moins d’une semaine après, la direction les a appelé à reprendre les activités au sein de ses entreprises de Belfort et de Bourogne.

Face à cette décision, les deux parties se sont ainsi retrouvées dans une situation épineuse. La preuve, les salariés n’ont pas hésité à s’y opposer même si les employeurs ont avoué avoir adopté les mesures nécessaires pour les protéger. Et la tension est d’autant plus tendue maintenant que l’intersyndical aussi est entré en scène.

La direction de GE vote pour la reprise du travail

La date du 23 mars a été le jour choisi par la direction de General Electric pour la reprise du travail pour les usines à Bourogne et à Belfort. Tout cela, parce que les activités de ce groupe américain ont été interrompues depuis une semaine suite à la décision de ses employés à exercer leur Droit de retrait en notant cependant que durant cette période, des fonctions en télétravail ont été effectuées.

Ainsi, cette entreprise a voté pour le retour de plus d’une centaine de salariés composés d’usineurs, de magasiniers, de contrôleurs ou encore de vérificateurs de programmes. Aux dirigeants de cette entreprise d’expliquer la raison de cette décision en faisant valoir que :

En tant qu'acteur stratégique dans le domaine de l'énergie, nous devons assurer la continuité de la production pour répondre aux besoins vitaux de nos clients en France et dans le monde.

Pour rassurer les travailleurs, ces derniers ont même ajouté que :

La priorité, c'est la santé et la sécurité des employés.

Dans ce sens, l’enseigne a même tenu à faire savoir qu’avec les partenaires sociaux, elle participe activement dans l’application et le renforcement des mesures de sécurité selon les recommandations des autorités sanitaires.

Syndicats et employés s’y opposent

Les raisons motivant la reprise du travail décidée par General Electric semblent ne pas convaincre ses employés notamment en ce qui concerne leur sécurité face au Covid-19 pour permettre à Cyril Caritey, délégué CGT chez GE, de dire que :

Il n'y a rien qui puisse garantir qu'on ne risque pas d'être contaminé et qu'on ne reparte pas avec le virus dans nos familles. La direction met en danger la vie de ses salariés et de leur famille.

Cyril Caritey.

Un avis partagé par Philippe Petitcollin, représentant de la CFE CGC qui s’est exprimé en ces termes :

Nous ne comprenons pas la position de la direction. C'est grave. Vu ce qui se passe dans les hôpitaux, le confinement est la seule chose viable. La direction s'entête, c'est incompréhensible.

Philippe Petitcollin.

Et en ce qui concerne la continuité de la production, ces derniers ont tout simplement précisé que :

En ce moment, la turbine à gaz n'est pas indispensable à la vie de la nation.

Ainsi, tout indique que les parties prenantes se retrouvent dans une impasse pour trouver un terrain d’entente, un Comité Social et économique (CSE) est envisagé.