
Le temps est révolu où l’accès aux crédits bancaires figurait en tête de la liste des difficultés auxquelles se doivent de faire face les TPE et les PME françaises. Une enquête initiée en 2019 a en effet permis de constater que ce problème n’est désormais plus le centre des préoccupations de ces dernières en cédant la place à d’autres soucis.
Un déjeuner de presse qui s’est tenu le 18 décembre de 2019 fut, pour Banque de France à travers l’Observatoire du financement des entreprises, l’occasion de présenter les résultats de ses enquêtes qui consistaient à faire un état des lieux du secteur entrepreneurial français en se focalisant sur les TPME.
Il en ressort que durant la période d’exercice de l’année dernière, l’entrave majeure au développement de ces petites et moyennes structures ne fait plus figure d’obstacle. Entendons par là les crédits bancaires qui sont désormais des plus accessibles pour permettre à jusqu’à 95% des demandes d’obtenir une réponse favorable.
N’empêche cependant que cette étude a aussi permis de constater que d’autres soucis sont venus prendre la relève pour continuer de lester le développement du système.
Les difficultés d’accès aux crédits ont cédé la place
Les difficultés d’accès au crédit professionnel ont toujours été au centre des préoccupations des TPE ainsi que des PME.
Du moins, jusqu’en 2019 où l’Observatoire du financement des entreprises a détecté une importante amélioration dans ce domaine en faisant valoir que ce problème a enclenché la marche arrière pour laisser d’autres soucis prendre sa place pour lui permettre de se retrouver à la sixième position après :
- La recherche de clients ;
- La concurrence ;
- Les coûts de la production ou du travail ;
- La réglementation ;
- La disponibilité des travailleurs qualifiés.
Et d’après les auteurs de cette enquête, ce dernier point est le plus à craindre parmi ces éléments pour permettre à Frédéric Visnovsky de dire que :
Aujourd’hui, la problématique, c’est les moyens humains.
Frédéric Visnovsky.
Celui qui vient s’ajouter aux retards de paiement des structures de grande envergure si l’on croit ce médiateur national du crédit et président de l’Observatoire qui s’est exprimé en ces termes :
Le problème sur les délais de paiement demeure. Or depuis trois ou quatre ans, ces retards, défavorables aux petites entreprises, restent stables. Il n’y a pas d’amélioration.
Frédéric Visnovsky.
Dans ce sens, l’organisme a d’ailleurs noté que les défauts enregistrés auprès des grandes entreprises ont atteint la barre des 15 à 20 milliards d’euros l’année dernière.
Jusqu’à 95% de réponses favorables
En cédant la place à d’autres sujets de préoccupation, l’accessibilité aux crédits a démontré qu’elle est disposée à apporter son aide aux PME et aux TPE. La preuve en est que ces dernières ont été bien nombreuses à obtenir une réponse favorable à leur demande auprès des établissements bancaires. Pour étayer ces dires, l’Observatoire de la Banque de France a d’ailleurs démontré que le taux d’accès aux prêts a, en 2019, atteint un niveau record. Soit à hauteur de :
- 90% pour les crédits de trésorerie ;
- 95% pour les prêts d’investissement.
Ainsi, le rapport de réussite a été des plus élevés durant cette période qui a été essentiellement portée par des conditions d’octroi des plus favorables notamment, grâce aux taux bas des intérêts. À Frédéric Visnovsky d’ajouter :
En France, le taux de crédit aux entreprises est plus faible que dans les autres pays européens, même si l’écart s’est réduit.
Frédéric Visnovsky.
À noter cependant que derrière ces contextes des plus encourageants se cache un problème majeur. Celui qui démontre que dans l’Hexagone, très peu d’entreprises ont recours à ce type de financement puisque d’après l’Observatoire, elles font moins de 10% de l’ensemble des TPME à y souscrire.