
Dans un pays comme l’Italie où les PME jouent un rôle capital dans la croissance économique, le système veut que ces structures disposent de tous les moyens financiers nécessaires pour assurer leur développement. Une raison suffisante pour inciter les investisseurs institutionnels à soutenir le secteur en jouant le rôle de Corporate Angels.
En mi-février s’est tenue à Rome une conférence de presse intitulée Corporate Angels et Stratégies d’investissement dans l’économie réelle en faveur des PME italiennes. Une occasion qui a permis de savoir que les investisseurs institutionnels jouent désormais le rôle de Corporate Angels pour soutenir l’économie italienne.
Pour cela, ces derniers se doivent d’ailleurs de servir de levier pour le secteur entrepreneurial du pays en mettant à sa disposition différentes ressources de financement.
Un concept gagnant-gagnant puisque les prêteurs peuvent disposer du capital nécessaire pour leur développement tandis que les emprunteurs y trouvent un moyen de diversification de leurs portefeuilles en profitant d’un rendement plus élevé que celui des marchés financiers réglementés.
Les investisseurs institutionnels aux services des PME
En Italie, le crédit professionnel est un levier majeur pour le développement des PME. C’est pourquoi le système veut que ces dernières disposent de nombreux canaux de financement en dehors des offres bancaires.
Et aux dernières nouvelles, elles peuvent aussi compter sur les investisseurs institutionnels qui sont désormais de plus en plus nombreux à jouer le rôle de Corporate Angels pour les soutenir financièrement à travers différentes offres d’investissement alternatives telles que :
- La dette privée « verte » ;
- Le prêt direct ;
- Le financement par factures ;
- Le capital-investissement consolidé.
Ce changement de cap, les observateurs l’expliquent essentiellement à travers la décision des banques centrales à fermer les robinets concernant les placements sur le marché obligataires qui en sont désormais peu rentables. À Claudio Nardone, l’homme à la tête de Sagitta SGR (Arrow Global Group) d’ajouter :
Avec des taux historiquement bas, les investisseurs institutionnels recherchent des produits financiers alternatifs et de nouvelles solutions d’investissement pouvant conduire à des rendements plus élevés, mais en même temps, ils recherchent un sous-jacent compréhensible et contrôlable en temps réel et un profil de risque contenu.
Claudio Nardone
D’une pierre, deux ou trois coups
En choisissant de devenir Corporate Angels, les investisseurs institutionnels italiens font d’une pierre, deux ou trois coups. Pour le dire, il suffit de porter un regard sur la série d’aboutissements qui en découle.
À commencer par les PME qui y trouvent une ressource financière non négligeable si l’on tient compte du fait que les investisseurs privés représentent un potentiel non négligeable de 240 milliards d’euros pour ces dernières. Un montant qui devrait augmenter davantage si l’on croit le fondateur et PDG d’Alternative Capital Partners SGR qui a tenu à préciser que :
L’accord vert européen représente le début d’une révolution. Selon les estimations du Plan national pour l’énergie et le climat (PNIEC) du ministère du Développement économique, plus de 400 milliards d’euros sont attendus rien qu’en Italie d’ici 2030 en investissements pour accompagner la transition énergétique liée à la décarbonisation des sources de production et modèles de consommation.
Avec de tels leviers, les PME ont ainsi toutes les chances de se développer dans les meilleures conditions et soutenir par la même occasion la croissance économique du pays. Tout simplement parce que ces petites et moyennes entreprises produisent 68% de la valeur ajoutée nationale et emploient près de 80% de la population active.
Et comme susmentionné, la baisse de rendements du marché réglementaires a incité les investisseurs institutionnels à changer de cap pour se tourner vers de nouvelles classes d’actifs. Celles qui permettent :
- Une diversification appropriée des placements ;
- Une volatilité et une exposition au risque de taux d’intérêt plus faibles ;
- Une décorrélation avec les marchés financiers traditionnels ;
- Des rendements supérieurs à ceux disponibles sur les marchés réglementés.
Soit, autant de bonnes raisons pour dire qu’au final, chacun y trouve son compte en notant que les principaux investisseurs privés de l’Italie s’y sont lancés à l’instar d’Alternative Capital Partners SGR, de Sagitta SGR (Arrow Global Group), de Main Capital SGR SpA ou encore d’Alchemy Partners.