une femme en activité au travail

Biovotion, une société zurichoise a récemment fait une découverte majeure qui devrait révolutionner le monde du travail. Une nouvelle technologie permettant aux employeurs de suivre de près l’état de santé des employés, grâce à des capteurs physiologiques placés directement sur ces derniers. Une avancée majeure que les entreprises américaines pourraient bien exploiter.

Aux États-Unis, la législation veut que la couverture santé des employés soit prise en charge par l’assurance professionnelle de l’entreprise. C’est pourquoi les employeurs ont tout intérêt à contrôler la santé et le bien-être de ces derniers au risque d’en payer le prix fort.

Et aux dernières nouvelles, certaines sociétés américaines ont fait une percée majeure dans ce sens à travers la technologie physiolytics, celle qui a été développée par Biovotion et testée dans une ville Suisse sur une vingtaine de fonctionnaires.

Un concept utilisant des capteurs physiologiques destinés à prévenir les risques de burn-out, mais qui suscitent cependant l’inquiétude quant à son usage réel en tenant compte du fait qu’il est basé sur l’utilisation de données personnelles.

Une avancée pour le secteur entrepreneurial

Physiolytics, c’est le nom de la technologie développée par société zurichoise Biovotion que certaines entreprises américaines ont adopté dans le but d’améliorer les conditions de travail de leurs employés. Un choix qui s’explique à travers une raison précise si l’on croit Tobias Mettler, professeur à l’IDHEAP (Institut de hautes études en administration publique) de Lausanne qui a fait savoir que :

Aux États-Unis, l’employeur paie l’assurance maladie. Il a un intérêt financier à contrôler le bien-être et la santé des employés.

Tobias Mettler.

Grâce à des capteurs physiologiques accrochés au bras du travailleur dans le but de mesurer son rythme cardiaque, le Physiolytics peut en effet être d’une aide précieuse pour le secteur. Tout simplement parce qu’il permet aux managers de connaître en temps réel l’état de stress de l’employé et d’adopter les mesures nécessaires pour le protéger ou le soigner. À Tobias Mettler d’ajouter :

Les capteurs sont surtout utilisés sur les personnes clés d’une entreprise, ceux qui gèrent des budgets conséquents. Un burn-out peut mettre en danger certains investissements.

Tobias Mettler.

Et puisque cet homme est l’un des individus à avoir étudié ce concept lors des tests effectués en Suisse sur une vingtaine de salariés, il est aussi bien placé pour en attester l’efficacité en faisant valoir que :

Certaines personnes étaient enthousiasmées. Elles pouvaient prouver leur surcharge de travail et leur stress.

Tobias Mettler.

Vu sous cet angle, l’on pourrait ainsi affirmer qu’il s’agit là d’une avancée majeure pour le secteur entrepreneurial en notant que cette technologie est d’ores et déjà présente dans les secteurs à risque comme les mines, le transport, l’armée, l’aviation ou la santé si l’on croit les informations sur le site officiel de Biovotion.

Une technologie suscitant l’inquiétude

Il va sans dire que pour les entreprises américaines, le Physiolytics se présente comme la solution idéale aux problèmes liés au stress des employés. Mais comme toutes les nouvelles technologies, ce concept n’a pas manqué de susciter l’inquiétude. Un cas qui s’est d’ailleurs révélé lors des tests effectués en Suisse pour permettre à Tobias Mettler de dire que :

Des personnes ont peur de cette nouvelle transparence, du contrôle de l’employeur.

Tobias Mettler.

Et il faut dire que ces individus ne sont pas les seuls si l’on croit un psychologue spécialisé dans le burn-out qui s’est exprimé en ces termes :

La santé doit rester personnelle, individuelle. Il y a un risque d’une sélection par le stress.

Tobias Mettler.

Un point de vue partagé par Sylvain Métille qui a tenu à faire savoir que :

On voit assez vite la surveillance permanente, la manipulation, le contrôle qui se cache. Rien qu’une impression de surveillance peut avoir un effet sur le travailleur.

Sylvain Métille.

Quoi qu’il en soit, cet avocat expert des données a tenu à faire savoir que :

Si on peut avoir confiance en mettant par exemple un médecin tiers qui reçoit les données et qui lui seul peut avertir la personne concernée, sans en parler à l’employeur. À ce moment-là, on pourrait imaginer d’entrer dans l’idée.

Sylvain Métille.