donner clés de voitures

Selon une étude de l’université Northwestern de Chicago, le remplacement d’une partie du parc automobile des États-Unis par des véhicules électriques ou hybrides permettrait de réaliser d’énormes économies par an. Ces dernières atteindraient 70 milliards de dollars dans le cas d’une électrification de 75 % des automobiles américaines, sans oublier les dizaines de milliers de décès en moins.

Dans une étude publiée dans la revue GeoHealth, des chercheurs d’une université à Chicago affirment qu’une électrification du quart des voitures aux États-Unis permettrait d’économiser jusqu’à 17 milliards de dollars par an. Cela correspond à 250 millions de tonnes de CO2 en moins dans l’atmosphère.

Toutefois, les auteurs de l’étude reconnaissent que leurs calculs, théoriques, reposent sur des scénarios idéalisés, dans lesquels les consommateurs adoptent massivement les modes de transport électriques ou hybrides. En dépit d’une tendance favorable aux solutions de mobilité écologique, l’électrification du parc automobile mondial se déroule lentement. Les ventes de véhicules électriques devraient passer de 1,7 million d’exemplaires en 2020 à 54 millions – 31 % du total mondial - à l’horizon 2040.

Des économies d’argent et de la vie grâce à l’électrification

En 2018, les États-Unis ont émis 6,7 milliards de tonnes équivalent de gaz carbonique dans l’atmosphère. 29 % de ces émissions proviennent du secteur des transports, constitués à 60 % des voitures légères. D’après une étude de l’université Northwestern de Chicago, le pays pourrait réduire ses émissions de CO2 de 250 millions de tonnes équivalent dans le cas d’une électrification de 25 % de son parc automobile. L’économie réalisée serait de 767 millions de tonnes si 75 % des véhicules étaient remplacés par des modèles électriques ou hybrides.

Autrement dit, les États-Unis pourraient se délester de 18 à 66 % de leurs émissions totales de CO2 s’ils optent pour l’électrification massive de leur parc de véhicules légers. Le coût social de ces rejets de carbone en moins est estimé à 17 milliards de dollars par an – pour l’électrification de 25 % du total – et jusqu’à 70 milliards de dollars dans le cas du remplacement de 75 % des véhicules utilisant des combustibles fossiles.

La réduction des émissions de GES entraînera également une baisse des décès liés à la pollution de l’atmosphère.

Des prévisions basées sur une simulation idéalisée

Les chercheurs de la Northwestern University reconnaissent avoir utilisé des scénarios idéalisés pour leur étude.

ImportantLeurs estimations reposent sur le principe d’un remplacement instantané d’une bonne partie de la flotte automobile des États-Unis,

Une éventualité qui reste assez loin de la réalité. Certes, l’adoption des voitures électriques et hybrides progresse. Mais ces solutions plus écologiques demeurent assez marginales comparées à l’ensemble du parc automobile mondial.

Selon les prévisions actuelles, 1,7 million de véhicules hybrides ou 100 % électriques devront être vendus cette année. Les ventes devraient se multiplier par cinq en 2025, avant d’atteindre 54 millions d’unités en 2040 – dont 14 millions en France. Et même si ces projections se réalisent, les automobiles électriques ne représenteront que 31 % des voitures en circulation dans le monde en 2040. Par ailleurs, les chercheurs précisent que les économies totales devraient être déduites de 5 % ou moins, une part correspondant aux émissions de GES afférentes à la fabrication des batteries.

Selon eux, l’évolution technologique seule ne suffit pas pour généraliser l’adoption des véhicules électriques et hybrides. Ce secteur a aussi besoin des statistiques tangibles des répercussions sociales et économiques de la pollution provoquée par l’industrie automobile, afin d’aider les politiques à prendre des mesures drastiques. La France, par exemple, prévoit déjà d’interdire les ventes de véhicules à énergie fossile dès 2040. Cet objectif requiert des investissements importants, notamment dans le :

  • domaine des transports publics ;
  • réaménagement de l’espace routier.

Plus important encore, l’objectif zéro carbone dans la mobilité est irréalisable sans un nécessaire changement des modes de vie de l’ensemble de la population.