
Face à la persistance de la crise sanitaire, les professionnels du sport d’hiver et du tourisme se sont résolus à tirer un trait sur la saison d’hiver 2020-2021 étant conscients que la fermeture administrative est une stratégie incontournable dans la lutte contre le coronavirus. Ce qui les chagrine, c’est l’étendue des mesures d’accompagnement destinées à les soutenir.
Groupement patronal de l’hôtellerie-restauration (GNI), Union des acteurs du tourisme associatif (UNAT), Syndicat national des résidences de tourisme (SNRT) ou encore des entreprises en direct, comme Club-Med, CGH, Belambra ou Pierre & Vacances… nombreux sont les professionnels du tourisme et du sport d’hiver à unir leur force pour former un collectif d’hébergeurs de montagne.
Leur objectif, faire entendre raison le gouvernement sur le fait que même s’ils ont eu accès à ce crédit professionnel qu’est le PGE, le dispositif d’indemnisation de 70% des frais fixes dont les modalités ont été fixées dans un décret du 24 mars dernier est très peu suffisant pour couvrir les pertes réelles liées à leurs fermeture ou manque d’activité.
La portée du dispositif est largement insuffisante
En s’adressant au pouvoir public, ce collectif estime que la portée du dispositif d’indemnisation de 70% doit élargie pour la simple raison qu’il ne couvre que très marginalement les frais fixes en laissant à la traine le plus important, les loyers. Pour illustrer, Patrick Labrune, l’homme à la tête du SNRT a fait savoir que :
On passe finalement d’une couverture des charges fixes annuelles de 70% à 15%.
Patrick Labrune
Ainsi, les professionnels concernés estiment que la différence est considérable dans ce domaine tout comme pour le cas du montant de la couverture, limité à 10 millions d’euros selon les recommandations de la Commission européenne.
Tout cela pour en venir au fait que compte tenu des pertes de chiffre d’affaires atteignant la barre des 250 millions d’euros pour certaines enseignes, ce plafond est aussi largement insuffisant et devrait être revu à la hausse dans une fourchette d’un peu moins de 25 millions d’euros selon Odalys et dans les 45 millions aux yeux de Pierre & Vacances.
Un SOS adressé au gouvernement
Selon le président du SNRT, pointer du doigt les lacunes liées à ce dispositif est en fait un SOS adressé au gouvernement. Ce, en faisant valoir que :
Quand on rassemble de Club Med aux colonies de vacances, c’est qu’il y a un problème.
Un avis partagé par Jean-Luc Boch, président de l’Association nationale des maires de stations de montagne (ANMSM) ajoutant que :
L’État a fait beaucoup. On le remercie. Les remontées mécaniques sont sauvées. Mais, on est au milieu de la rivière. Il faut aller au bout. Les hébergeurs, c’est le gros problème aujourd’hui. Sans l’hébergement, il n’y a plus de filière. Le plafonnement à 10 millions ne tient pas. Pour les gros hébergeurs, il faut regarder au cas par cas.
Jean-Luc Boch
Dans ce sens, le collectif estime que pour pallier ce problème, l’exécutif pourrait :
Garantir le versement d’au moins 70% des loyers avec une couverture effective de 70% des frais fixes.
Jean-Luc Boch
Une demande actuellement étudiée par le pouvoir public si l’on croit le cabinet d’Alain Griset, ministre délégué en charge des PME indiquant que :
Un travail est en cours.
Alain Griset