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Le gel qui a frappé plusieurs bassins agricoles début avril impactera énormément la production et les prix des fruits cette année. Malgré l’activation du régime de calamité agricole, les pertes subies par les exploitants restent énormes, d’autant plus que la majorité d’entre eux ne bénéficie pas d’une assurance couvrant ce type de sinistre.

Sous l’effet du réchauffement global de la terre provoqué par l’activité de l’homme, le climat devient de plus en plus instable et imprévisible. Le récent épisode de gel en est la preuve, ce phénomène étant extrêmement rare en cette période de l’année. Surtout, cette calamité agricole surprend par sa force et son ampleur, prouvant par la même occasion la nécessité de prendre au sérieux la protection des exploitants agricoles contre les conséquences des dérèglements climatiques. Des discussions en ce sens ont lieu actuellement entre la FFA, les représentants des agriculteurs et les pouvoirs publics, par l’intermédiaire du ministère de l’Agriculture.

Des pistes pour reformuler l’assurance multirisque récolte

La multirisque récolte, une assurance professionnelle créée en 2005, s’adresse aux agriculteurs. Ce contrat protège les exploitants des éventuelles pertes de production consécutives à des évènements climatiques et autres sinistres, tels que l’incendie, la sécheresse, les tempêtes… et le gel – comme celui survenu en début de mois.

Sur le papier, cette couverture a tout pour plaire aux agriculteurs. Dans les faits, l’assurance multirisque récolte s’est révélée être un échec pour les assureurs. Les contrats sont jugés trop chers par les clients cibles, lesquels reprochent également son seuil de déclenchement trop élevé. En réaction à la récente perte de production provoquée par le gel, le ministère de l’Agriculture se penche sérieusement sur la question et travaille sur différentes solutions censées dépoussiérer cette multirisque souscrite par 30 % des agriculteurs seulement.

La question du coût est un faux problème, selon les pouvoirs publics et les assureurs, sachant que 65 % du montant des contrats d’assurance sont subventionnés par les fonds de la PAC (Politique agricole commune). Cela n’empêche pas la FFA et l’État d’envisager un relèvement à 70 % de cette prise en charge.

ImportantDans le même temps, le seuil de déclenchement du remboursement pourrait être abaissé à 20 % de pertes de production, contre 30 % actuellement.

Le ministre de l’Agriculture évoque aussi les discussions en cours avec les banques au sujet des reports d’échéances des crédits des exploitants en cas de calamité agricole.

Des voix en faveur d’une assurance multirisque obligatoire

Pour couvrir une partie des pertes induites par la récente gelée, le gouvernement a déclenché le régime de calamité agricole. Frank Le Vallois, patron de la Fédération française des assurances, estime que ce fonds ne règle pas tout le problème.

Au contraire, ce régime donnerait aux exploitants l’impression qu’ils peuvent compter sur une protection gratuite de l’État, un sentiment qui encourage encore plus la non-assurance. L’indemnisation de ce fonds se limite pourtant aux risques jugés non assurables. Elle intervient uniquement lorsque l’exploitant subit une baisse de revenu de plus de 30 %. En comparaison, une assurance multirisque récolte se déclenche à partir d’un seuil de 13 % de perte de revenus et 30 % de baisse de rendement.

Certains producteurs, comme le président de la fédération viticole de l’Anjou, appellent de leur vœu à rendre l’assurance obligatoire pour les agriculteurs. Selon Laurent Menestreau, c’est le meilleur moyen de se prémunir contre la gravité et la répétition des évènements climatiques exceptionnels dans les prochaines années. Une telle mesure requiert néanmoins la coordination des professionnels de l’agriculture, des syndicats et des assureurs.