
À l’instar du tourisme, des cafés, de l’événementiel et de la restauration, le secteur du BTP a aussi beaucoup souffert des répercussions économiques de l’épidémie de Covid-19. Cette situation de crise n’échappe guère aux pouvoirs publics et aux assureurs, lesquels pourraient geler les prix de l’assurance décennale selon certaines rumeurs.
Dès les premiers mois du confinement, le gouvernement et les entreprises ont mis la pression sur les compagnies d’assurance, accusées de ne pas faire assez d’effort pour venir en aide à une économie paralysée pendant plusieurs mois. Appelés à la table des négociations, les assureurs acceptent de payer une contribution exceptionnelle de 3,2 milliards d’euros sur les contrats santé et une surtaxe de 2 % des cotisations en assurance dommages. Ils se sont engagés également à geler leurs tarifs pour :
- les entreprises de la restauration ;
- les cafés ;
- l’hôtellerie.
Le secteur du BTP serait aussi concerné par ce gel.
Un effort exceptionnel et une tentative de rattrapage
Durant le premier confinement, les sociétés d’assurance ont essuyé de vives critiques concernant leur inaction face à la crise traversée par les entreprises. Plusieurs établissements ont même été traînés en justice pour leur contrat d’assurance professionnelle jugé inopérant et mensonger. Lors du second confinement, les assureurs se sont affairés à revoir les termes de leur contrat multirisque. Ces péripéties ont porté atteinte à leur image auprès des clients et des pouvoirs publics.
Pourtant, le monde de l’assurance a bien tenté de rattraper le coup dès le printemps, en acceptant de payer une contribution exceptionnelle censée montrer leur solidarité aux victimes de la crise. En décembre, les mêmes compagnies ont trouvé un accord avec le gouvernement à propos d’un gel des cotisations de la multirisque professionnelle pour les secteurs les plus affectés. L’hôtellerie, la restauration, la culture et les cafés bénéficient d’office de cette disposition. D’autres activités seraient aussi concernées, dont les métiers du BTP, également paralysés par l’épidémie de Covid-19.
Un potentiel gel des primes de l’assurance décennale
Important Le maintien des coûts de l’assurance décennale dans le secteur du BTP se murmure en coulisse depuis quelques mois.
Ces rumeurs interviennent dans un contexte relativement houleux pour les acteurs de la construction, qui s’interrogent depuis mars 2020 sur les conséquences du débat autour du diagnostic mérule sur leur assurance. La question était de savoir si l’État modifiera l’état du droit actuel et impose la couverture des dégâts causés par la mérule, par l’assurance décennale. En toute logique, une extension de la garantie de cette assurance entraîne une hausse des prix, ce qui est difficilement supportable par les constructeurs déjà en délicatesse après les deux confinements.
Finalement, le gouvernement rend sa décision en décembre et confirme le statu quo sur ce point. L’État assure même qu’aucune réforme du contrat des professionnels du BTP n’est envisagée pour le moment. Cette position semble conforter une thèse selon laquelle les coûts de l’assurance décennale restent inchangés en 2021, ce qui constitue une bonne nouvelle pour les acteurs de la construction après une hausse de 6 % en 2020.