Invité de la Matinale des Échos le 15 juillet dernier, Vincent Ricordeau revient sur le succès rapide de la plate-forme de crowdfunding KissKissBankBank dont il est cofondateur, et donne son avis sur tous les thèmes d’actualité du moment, à savoir la chute de Lending Club et les perspectives d’évolution du financement participatif.
Un objectif de 30 millions d’euros en 2016
Après avoir collecté près de 15 millions d’euros au cours des six premiers mois 2016, KissKissBankBank devrait poursuivre sur cette lancée pour atteindre les 30 millions d’ici la fin d’année, explique Vincent Ricordeaux.
Pour sensibiliser les investisseurs à l’intérêt du financement participatif, il veut jouer la carte de la pédagogie auprès du grand public.
La grande majorité de nos clients viennent de l’étranger. En France, nous sommes encore un marché assez peu connu comparé aux pays anglo-saxons
Quelles leçons tirer du crash de Lending Club ?
En mai dernier, Renaud Laplanche, patron et fondateur de Lending Club, leader mondial des prêts aux entreprises, avait annoncé sa démission. Une nouvelle qui a été très mal accueillie par les marchés financiers, où l’action a plongé de près de 34 % en seule journée.
Vincent Ricordeau estime que cette affaire n’avait pas eu d’effets négatifs sur l’opinion publique, mais a toutefois suscité de nombreuses réactions parmi les professionnels.
Pour moi, Lending Club a vendu l’âme du crowdlending à la finance traditionnelle, ce qui explique son échec.
Vincent Ricordeau
Quelles pistes pour donner un coup de fouet au crowdfunding en France ?
Pour Vincent Ricordeau, si le crowdfunding connait un développement plus lent en France, c’est surtout parce que les Français sont des « fourmis » trop prudentes.
Trop peu s’aventurent à prendre des risques avec leurs économies. La grande majorité des épargnants préfèrent investir leur argent dans des placements sécurisés et se contenter d’un maigre rendement, plutôt que de se lancer dans des projets ambitieux au risque de tout perdre.
Le vrai déclencheur en France sera un régime fiscal avantageux, qu'on puisse bénéficier d’un crédit d'impôt dans ce qu'on investit dans l'économie réelle en direct sur les plateformes de crowdfunding