Clef de voiture sur des billets dollars

Pour le quatrième mois consécutif, le marché automobile américain aux États-Unis en baisse. Le nombre d’immatriculations a ainsi diminué de 4,7 % sur un an, à 1,43 million. Cette tendance, qui perdure depuis le début de l’année semble vouloir mettre un terme définitif à une croissance qui aura duré sept ans sur un marché essentiel pour l’économie américaine.

Baisse des ventes limitée par les rabais importants des constructeurs

Les chiffres ont été exceptionnels en 2015 et 2016, sous l’effet conjugué d’une conjoncture favorable et du rattrapage de la chute des ventes observée après la crise de 2008. Mais pour les 4 premiers mois de 2017, la courbe s’est inversée.

Important Le volume de ventes de véhicules est ainsi passé de 17,4 millions à 17,1 millions entre avril 2016 et avril 2017.

Ce repli pourrait être encore plus marqué si les constructeurs ne s’efforçaient pas de maintenir l’activité en accordant d’importantes ristournes aux consommateurs, de l’ordre de 3499 dollars par véhicule (l’équivalent de 3211 euros).

Les plus gros rabais sont proposés sur les berlines et sont légèrement inférieurs sur les SUV ou pick-up, favorisés par le prix bas du carburant. Sur les offres de leasing aussi, les réductions sont nombreuses pour les modèles peu demandés ; ainsi, il n’est pas rare de trouver des formules à partir de 69 dollars mensuels.

Ces politiques commerciales agressives s’expliquent par l’obligation pour les concessionnaires de faire baisser leur niveau de stock. Actuellement de 70 jours, celui-ci égale la moyenne de 2009.

Cet indicateur augmente même à 340 jours pour la Buick LaCrosse de General Motors, moins d’un an après son lancement. Pour les observateurs, l’importance du stock d’invendus est due à un manque d’anticipation des constructeurs, qui auraient dû freiner la production.

Menace d’une explosion du marché des subprimes dans l’automobile

La décélération subie par le marché est directement liée au pouvoir d’achat des ménages, malgré un chômage contenu. Seuls 5 % des Américains se rendent dans une concession pour acquérir une automobile neuve, et les ristournes ne suffisent pas à rendre la voiture neuve abordable.

Ces dernières années, les prêteurs avaient alors revu leurs conditions d’octroi de prêt auto, qui ont explosé, leur encours atteignant aujourd’hui le total record de 1160 milliards de dollars. En outre, banques et constructeurs ont multiplié les subprimes pour attirer des consommateurs dont la voiture est un indispensable outil de travail.

Malheureusement, la stratégie montre ses limites, puisque la solvabilité des emprunteurs s’est considérablement dégradée.

Fin 2016, la Réserve fédérale de New York tirait la sonnette d’alarme, révélant que 6 millions de détenteurs de crédit auto ne parvenaient plus à honorer leurs mensualités. Résultat, le montant des crédits auto en situation de défaut a grimpé à 23,27 milliards de dollars, un niveau jamais égalé depuis 2008.

En parallèle, la durée des prêts a augmenté, 33 % du marché étant désormais constitué de financement sur 7 ans. Une situation qui risque d’empirer dans un contexte de remontée des taux d’intérêt qui n’épargnera pas le marché automobile.