
Donald Trump a prévu de mettre en place une taxe sur les véhicules importés aux États-Unis, lors de leur passage en douane. Les réactions n’ont pas tardé à surgir. L’industrie automobile invoque des menaces pesant sur la consommation américaine. Ce qui pourra affecter la production et les ventes de voitures, et implicitement les emplois dans le secteur.
La menace d’imposer des taxes douanières sur l’importation de voitures assemblées en Europe, invoquée par Donald Trump en juin dernier, n’a pas laissé de marbre l’industrie automobile.
Deux grandes associations, dont l'Alliance of Automobile Manufacturers et l'Association of Global Automakers, affirment que cette initiative occasionnera des surcoûts, de quelques milliards de dollars, au niveau de l’acquisition d’automobiles aux États-Unis.
Les répercussions sur les ventes et la production promettent d’être négatives dans ce cas, et coûteront des centaines de milliers d'emplois. L’analyse se portait d’ailleurs sur l’éventuelle entrave au développement des véhicules autonomes et électriques.
L’AAM prévient même l’administration Trump qu’une telle mesure pourrait s’avérer avoir des répercussions négatives pour la sécurité nationale.
Une menace qui pèse constamment sur l’industrie automobile
Donald Trump projette de mettre en place une barrière douanière de 20% sur toute importation de véhicules assemblés en Europe, aux États-Unis. Ce n’est pas la première fois qu’une telle menace est proférée à l’encontre de l’industrie automobile, comme le confirme l'Association of Global Automakers.
Il faut savoir qu’au mois de mai, celle-ci a mené une enquête afin de savoir les impacts de ces importations sur la sécurité nationale. Selon le groupe de constructeurs étrangers, représenté par BMW, Hyundai Motor, Toyota Motor et Volkswagen :
La plus grande menace qui pèse aujourd’hui sur l'industrie automobile américaine est la possibilité que l'administration Trump impose des droits de douane sur les importations à l’issue de cette enquête.
Cette association appréhende de lourdes répercussions sur les consommateurs, étant donné que le prix des voitures va considérablement augmenter. Et tacitement, le commerce et la production vont aussi en souffrir. Ce qui engendrera au final la suppression de bon nombre de postes dans le secteur automobile. Elle explique, en ces termes, que :
De tels coûts augmenteraient les prix pour le consommateur américain, réduiraient leurs choix et affecteraient les ventes et la production de voitures. Au lieu de créer des emplois, ils occasionneraient la perte de centaines de milliers d'emplois américains dans la production et la vente de voitures, de SUV, de poids lourds et de pièces détachées automobiles.
Un surcoût drastique pour les consommateurs américains
Le 27 juin dernier, L’Alliance of Automobile Manufacturers ou AAM s’est adressée à l’administration Trump à travers une publication. Elle le dissuade d’aller au bout de son projet en lui démontrant que loin de renforcer la sécurité nationale, les taxes douanières vont plutôt l’affaiblir. Cette représentante de General Motors, Ford, Daimler et Toyota affirme que :
Nous pensons que l'impact de tarifs imposés sur les véhicules et les pièces détachées importés sera négatif au bout du compte sur la sécurité économique américaine et affaiblira la sécurité nationale.
Elle ajoute que :
Cette mesure pourrait très bien créer un précédent dangereux que d'autres nations pourraient reprendre pour protéger leur marché local de la concurrence étrangère.
Par ailleurs, l’analyse des données relatives aux ventes automobiles de l’année dernière, qu’il s’agisse de voiture de société ou de véhicule personnel, a débouché sur la déduction suivante : avec des taxes de 25% à l’importation, le prix d’acquisition va subir une augmentation moyenne de 5 800 dollars.
Ce qui amène à un surcoût de 45 milliards de dollars environ pour les consommateurs américains, soit l’équivalent de quelque 38,9 milliards d’euros par an.
Sans parler de la restriction des capitaux dédiés au développement des voitures électriques et autonomes qui est aussi à craindre.