
La préservation de l’environnement est devenue une priorité mondiale. En France, plus particulièrement, elle se reflète par la fin de la circulation des voitures, polluant l’atmosphère, d’ici 10 ans. Les contextes actuels pourraient représenter une sérieuse menace pour l’industrie automobile. C’est à se demander si les véhicules de fonction ont encore un avenir au sein des entreprises.
Actuellement, l’automobile est assaillie de toute part. Les écologistes se trouvent en première ligne pour clamer son impact environnemental, sans parler du scandale suscité par le dieselgate qui renforce la défiance envers les voitures.
À cela s’ajoute le détachement des jeunes pour les véhicules. Tout cela mène à une seule interrogation: ce moyen de transport est-il voué à disparaitre d’ici quelques années ?
En attendant, certains dirigeants de société de location de voitures gardent leur optimisme, notamment en ce qui concerne celles mises à la disposition des employés dans l’exercice de leur fonction. En effet, elles peuvent être considérées comme des signes de reconnaissance et des leviers de motivation pour les collaborateurs performants.
L’automobile de fonction n’est pas prête à disparaître
Les critiques à l’égard des automobiles, depuis quelque temps, n’ont pas influé sur l’optimisme des loueurs de voitures. Interrogés sur la situation actuelle, les dirigeants de ces entreprises s’accordent sur le fait que la voiture « fait encore rêver », sauf auprès des cadres intermédiaires selon l’avis de Grégory Libre, directeur commercial et marketing de la société Arval. Selon lui :
Parmi le middle management, la voiture fait moins rêver, étant donné que des limites sont fixées aux choix des modèles, aussi parce que les voitures sont moins ostentatoires. Mais pour les collaborateurs éligibles, la voiture de fonction reste un signal fort et provoque souvent un émoi dans l'entreprise, surtout lorsque l'on retire des modèles de la car policy.
Grégory Libre.
Le directeur général adjoint d’ALD Automotive, Guillaume Maureau, se montre d’ailleurs plus intransigeant sur l’engouement pour les automobiles de fonction. Il affirme que :
En dehors du microcosme parisien, la disparition de l'automobile n'est absolument pas envisagée. Certes, son recours va s'organiser différemment pour circuler dans les centres-ville, mais on constate que le parc automobile ne cesse d'augmenter et que la notion de véhicule de fonction se développe. Pour preuve, le nombre de véhicules de fonction vendus croît plus vite que celui des particuliers.
Guillaume Maureau.
Un véhicule de fonction en guise de gratification
Pour le directeur marketing et business development du loueur Alphabet, Cédric Marquant, mettre une voiture à la disposition d’un employé permet d’optimiser sa motivation au sein de l’entreprise. Cela contribue à la pérennisation de ce moyen de transport:
La voiture de fonction n'est pas morte. Le caractère statutaire accordé à la voiture de fonction est encore bien présent, quelles que soient la catégorie et la génération à laquelle appartiennent les collaborateurs. Cela reste aussi dans les entreprises un outil de motivation. Nous le constatons d’ailleurs régulièrement chez nos clients, car les modèles premium attirent toujours autant les collaborateurs. À salaire équivalent, c'est le véhicule de fonction proposé qui fera la différence face à la car policy proposée par une offre d'emploi concurrente.
Cédric Marquant.
De son côté, Jean-Loup Savigny, directeur commercial et marketing de LeasePlan France, estime que les commerciaux performants méritent d’être choyés afin que travailler dans un autre établissement ne les tente pas. Et l’attribution d’une voiture de fonction est une solution efficace pour les fidéliser. D’après lui :
Il faut faire attention aux commerciaux, c'est une population volatile et il est très difficile souvent de trouver un bon commercial. Cela coûte cher de le remplacer et de former un successeur. Le meilleur moyen demeure de les conserver ; fidéliser les meilleurs est donc nécessaire. D'autant qu'il est plus facile aujourd'hui de combiner dans une flotte la maîtrise des TCO avec le maintien de la motivation des collaborateurs au travers de l'attribution d'une voiture de fonction.
Jean-Loup Savigny.
Pascal Boisliveau de La Maison Bleue, une entreprise qui se spécialise dans la gestion de crèches, partage le même avis. Ce directeur général adjoint avoue utiliser les véhicules de fonction comme appât lors des recrutements de nouveaux commerciaux. Il explique que :
Nous nous accordons la latitude de sortir du budget dans une logique de package pour recruter des gens de talent. C'est un sujet global, pas seulement inhérent à la gestion de flotte puisque cela impacte également les RH. Mais si on veut recruter des talents, il faut faire preuve de souplesse.
Pascal Boisliveau.