Pot d'échappement voiture de luxe

WLTP, la nouvelle norme d’homologation concernant la mesure des rejets de CO2 des véhicules, sème le trouble aussi bien chez les constructeurs que les responsables de parcs automobiles de société. Alors qu’il devait prendre fin en septembre dernier, le feuilleton continue. D’ailleurs, nul ne sait jusqu’à quand cette situation se poursuivra.

De nombreux constructeurs ont anticipé la mise en place du WLTP en rationnalisant leurs gammes. Malgré cela, le nouveau protocole entré en vigueur le 1er septembre, perturbe la vente de véhicules aux entreprises. Parmi les conséquences de son introduction, on constate notamment la hausse des malus ainsi que l’augmentation du prix des voitures d’entreprises.

Le WLTP implique en effet un changement considérable du système de mesure des rejets de CO2 car il vise à afficher des chiffres au plus proche de la réalité. Plus strict, ce nouveau cycle devait se traduire par une augmentation de 20 % des émissions mesurées.

Comment les constructeurs se sont-ils préparés à affronter le WLTP ?

La plupart des constructeurs n’étaient pas préparés à faire face au WLTP. Tout l’été jusqu’à la fin du mois d’août, ils ont enregistré une augmentation des ventes de véhicules. Dès septembre, en revanche, on constate l’inversion du mouvement. Le directeur marketing et commercial d’Athlon explique :

« Les immatriculations de véhicules en septembre donnent une bonne indication des constructeurs qui étaient prêts et de ceux qui ne l’étaient pas tout à fait ».

En septembre dernier, les seuls constructeurs à avoir vu une progression de leurs ventes sont Toyota, PSA, Ford, Volvo et Mini. Peugeot, particulièrement, a procédé très tôt à l’homologation de ses modèles conformément au WLTP. Depuis le début de l’année, la marque a connu une croissance de 13 % concernant les ventes de véhicules aux entreprises alors que la progression du marché est de 7 %. Le directeur PSA corporate sales France a déclaré :

« Cependant, nous n’en avons pas profité pour pousser nos ventes jusqu’au mois d’août car le marché supporte mal les à-coups et cela a, en général, un effet néfaste sur les valeurs résiduelles des modèles ».

Enfin, d’autres constructeurs dont Volkswagen sont actuellement en cours de procédure étant donné que l’homologation prend du temps.

Les difficultés majeures rencontrées par les loueurs et les responsables de parc automobile

Les constructeurs ne sont pas les seuls troublés par l’application du WLTP. Pendant près de 8 mois, ni les prestataires de LLD ni les responsables de parc automobile d’entreprise n’ont pu anticiper les modèles qui demeureraient sur le marché après l’échéance de septembre.

Dans ces conditions, il est devenu compliqué de composer une flotte sans risquer, entre autres, de finir avec un bilan CO2 dépassant les objectifs RSE de la société.

En raison de ce manque de visibilité, nombreuses sont les entreprises à avoir prolongé au-delà de 2018 leurs contrats de location. D’autres ont également décidé de renouveler une partie de leur parc pour éviter une fiscalité défavorable. En outre, l’administration française a décidé de corréler le NEDC avec le WLTP pour permettre de faire face à cette étape intermédiaire dont la durée reste indéfinie.