Peugeot 3008

2020 se présente comme une année particulièrement délicate pour les gestionnaires de flottes d’entreprise et les détenteurs de parc automobile. En effet, le WLTP entrera en vigueur l’année prochaine. Ce protocole d’homologation s’accompagnera par ailleurs de l’application de deux nouveaux malus en janvier, puis en juin prochains. Les acteurs concernés devront ainsi ajuster leurs politiques à moyen terme en conséquence.

Les immatriculations de véhicules d’entreprise ont progressé de 8,76% sur les neuf premiers mois de 2019, soit 652 000 nouvelles immatriculations à la fin du mois de septembre dernier. La hausse atteint même les 10,15 % pour les voitures particulières, avec une nette augmentation pour les modèles essence. Ces derniers représentent désormais 34 % de l’ensemble des immatriculations.

En parallèle, les véhicules diesel présentent un recul de près de 9 %. Ainsi, cette motorisation ne concerne plus que 57 % des voitures particulières au sein des entreprises.

Les modèles électriques affichent en revanche une progression d’environ 60,5 % sur l’année en cours. Ils atteignent ainsi les 2,6 % en termes de part de marché, pour 9 850 immatriculations depuis janvier.

Refonte complète des politiques d’acquisition de véhicules d’entreprise

Face aux différentes mesures restrictives prévues pour 2020, les entreprises, les loueurs et les gestionnaires de flottes sont désormais obligés de remettre en question l’ensemble de leur car policy. La difficulté réside notamment dans la refonte de la politique de flotte tout en respectant le budget fixé et les objectifs RSE de l’entreprise. Néanmoins, les professionnels du secteur affirment être prêts à relever ce défi.

Comme le souligne Gilles Bellemère, directeur général d’ALD Automotive, société spécialisée dans la location et la gestion de flottes :

« Cette situation nous ramène dans notre cœur de métier et dans notre rôle pour aider nos clients à prendre des décisions ».

Gilles Bellemère.

Cependant, la modification des règlementations dans le domaine inquiète les principaux acteurs impliqués dans les flottes d’entreprises. Il faudra en effet choisir les modèles les plus adaptés pour limiter l’impact sur les émissions du parc automobile. La décision devra ainsi tenir compte de toutes les nouvelles mesures en vigueur l’an prochain.

En raison de cette incertitude généralisée, les entreprises hésitent à renouveler les contrats pour leurs flottes. L’attentisme des clients a d’ailleurs tendance à affecter le volume des commandes auprès des loueurs.

Grâce à leur expertise, ces derniers voient néanmoins l’avenir des flottes dans le WLTP et les malus de 2020. Ces mesures ne feront finalement qu’accélérer une transformation déjà en cours dans le secteur.

Une année charnière pour les flottes

Les responsables de parcs automobiles ont de grandes difficultés à anticiper la fiscalité d’une voiture de fonction et de la flotte de l’entreprise en général pour 2020. En effet, les professionnels du secteur sont actuellement confrontés à une situation jusque-là inédite.

À partir de juin prochain, ils seront notamment soumis au nouveau protocole d'homologation des véhicules neufs, couramment connu sous le sigle WLTP. Cette nouvelle norme se traduit par une rehausse de 24 % dans le calcul du taux d’émissions de CO2 des voitures neuves. Elle sera par ailleurs accompagnée de deux nouvelles grilles de malus, celle de janvier et de juin.

Dans ce contexte, certains professionnels recommandent aux entreprises de passer les commandes pour les nouvelles voitures de leurs flottes avant fin 2019.

Elles pourront ainsi bénéficier d’une fiscalité encore avantageuse grâce à l’ancienne homologation NEDC2. Toutefois, les entreprises devront en parallèle envisager une refonte complète de leur car policy pour se conformer à la loi LOM.

Selon le directeur général d’ALD Automotive, Gilles Bellemère :

« Les flottes ne sont plus dans la situation où il fallait pour l'image de marque de l'entreprise qu'un véhicule électrique trône sur le parking. Désormais, la transition énergétique est bien présente dans les flottes et celles-ci acceptent le surcoût associé au choix d'une voiture électrique ou d'un modèle hybride ».

Gilles Bellemère.