
En étudiant de près ce domaine où des commerçants proposent des offres de LLD pour des appareils électroménagers, UFC Que choisir a découvert différentes lacunes mettant à mal les ménages. Des raisons suffisantes pour inciter cette Association des consommateurs à demander à l’exécutif l’instauration d’un cadre juridique plus strict sur ce système.
Dans l’Hexagone, un nouveau phénomène est en train de bouleverser le secteur commercial, la montée en force de la location longue durée destinée à permettre aux ménages de disposer de différents appareils électroménagers. Un essor qui n’a pas manqué d’inciter la curiosité de l’UFC Que choisir qui s’est donné pour mission de mener une enquête sur le sujet afin de permettre aux consommateurs intéressés d’y voir plus claire.
Une initiative qui a permis à cette Association de mettre en exergue différentes failles pénalisant fortement les consommateurs à travers des coûts exorbitants, des clauses de contrat abusives ou encore l’absence alarmante d’une législation permettant de réguler le système.
Rapport de force en déséquilibre
À travers cette enquête, UFC Que choisir a découvert que le rapport de force entre les commerçants et les consommateurs présente un sérieux déséquilibre en l’absence de dispositifs législatifs régulant ce type de commerce basé sur la location longue durée des appareils électroménagers.
Dans cette optique, l’Association tient à faire savoir que la balance tend à se pencher du côté des loueurs qui n’ont presque aucune obligation par rapport à leur clientèle qui croule sous le poids des prescriptions concernant l’appareil. À savoir :
- Le maintien en parfait état de marche ;
- L’obligation de le rendre comme neuf, alors même qu’il a été utilisé plusieurs années ;
- La responsabilité de payer des pénalités en cas de panne même si cet incident est lié à un défaut de conception.
Et la liste est longue qu’autant dire que le consommateur est tenu responsable de tout ce qui pourrait arriver au bien loué pour le conduire à payer des pénalités dont le montant est le plus souvent absent dans le contrat de location. Une situation conduisant UFC Que choisir à conclure que :
Ce sont des termes flous qui ne protègent en aucun cas le client et favorisent les abus de la part des loueurs.
C’est d’ailleurs l’une des raisons incitant cet organisme à faire appel aux pouvoirs publics pour le pousser à étudier ce cas de près et d’en instaurer un cadre juridique plus strict visant essentiellement à mettre un terme à ces pratiques abusives sur les contrats de location.
Surcoûts et publicités mensongères pointés du doigt
En dehors de l’absence d’un cadre juridique, UFC Que choisir a aussi mis en exergue deux éléments quelque peu contraignants, les surcoûts et les publicités mensongères.
Concernant les arguments destinés à séduire les clients, les commerçants ont tendance à exploiter le fait que les Français sont particulièrement sensibles à la protection de l’environnement en faisant valoir que contrairement à l’achat, la LLD permet aux ménages d’y contribuer massivement. Une pratique que les auteurs de cette étude voient comme suit :
Le problème est qu’il s’agit, là encore, d’un argumentaire fallacieux.
Pour le dire, ces derniers ont avancé différents éléments :
- La durée de vie d’un appareil loué est réduite de plusieurs années en prenant en exemple un micro-ondes loué pendant 4 ans, alors que sa durée d’utilisation est estimée à 9 ans lorsqu’il est acheté ;
- L’offre de location incite les ménages à choisir des appareils plus grands et plus équipés et qui sont de ce fait plus énergivores.
Et pour en revenir aux surcoûts, UFC Que choisir a pointé du doigt des grilles tarifaires faussement attractives en précisant dans une note que :
En réalité, ces offres gonflent les prix, les augmentant souvent de 3 à 4 fois.
Pour arriver à cette conclusion, l’Association a étudié de près 110 offres lui permettant de découvrir qu’au final, l’augmentation est loin d’être négligeable en affichant par exemple :
- 79% du prix d’achat pour les télévisions ;
- 73% pour les micro-ondes ;
- 47% pour les réfrigérateurs.
Et là encore, l’organisme a tenu à préciser qu’il est resté prudent dans ses estimations en mettant de côté les frais supplémentaires généralement facturés lorsque la durée de location de l’appareil est achevée. Un motif de plus pour le pousser à encourager l’exécutif à mettre sur pied un système rendant possible le plafonnement des tarifs dans le but d’empêcher les tendances abusives.