recharge voiture electrique

Le gouvernement de Belgique vise la neutralité carbone de toutes les voitures de société sur son territoire à l’horizon 2026. Cette mesure, fruit de longues négociations entre les partis de la nouvelle coalition, séduit par son potentiel impact dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Cependant, des experts estiment qu’elle est encore perfectible.

En Belgique, le dispositif fiscal de la « voiture salaire » constitue une vraie spécialité locale, qui profite surtout aux cadres supérieurs et aux équipes dirigeantes aux revenus élevés. Utilisé par la quasi-totalité des entreprises, il coûte quelques milliards d’euros annuels au fisc, en plus d’être à l’origine d’une partie substantielle des émissions de gaz à effet de serre du parc automobile du pays.

Ces motifs ont conduit la nouvelle coalition à envisager l’électrification de la totalité de ces voitures dès 2026. Ce projet ambitieux, salué par les écologistes, essuie toutefois plusieurs critiques. Certains experts pointent son impact écologique faible et appellent les dirigeants à imaginer une solution plus consensuelle et globale.

Des mesures radicales ont été réclamées

La nouvelle coalition Vivaldi n’en finit pas d’essuyer des critiques plus ou moins ciblées contre son projet d’électrifier chaque voiture de société en circulation en Belgique en 2026. Après la fédération des opérateurs du marché automobile du pays, des économistes, juristes et ingénieurs s’y attaquent également.

Ces experts demandent notamment au gouvernement de revoir sa copie et d’aller plus loin dans ses efforts de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Même si la neutralité carbone des voitures de fonction est louable,

ImportantLes déplacements individuels en auto resteraient polluants et énergivores.

Des analystes recommandent ainsi d’augmenter les investissements dans les réseaux ferrés et les moyens de transport en commun. D’autres réclament même la suppression du dispositif des voitures salaires.

En attendant une réaction ferme du gouvernement, la Région bruxelloise décide d’agir seule, en annonçant son intention d’appliquer une taxe au kilomètre.

Avec cette mesure isolée – qui n’a pas manqué de faire réagir les autres régions –, Bruxelles veut s’attaquer à la congestion provoquée par ces voitures dans les rues de la capitale. Ces véhicules représentent effectivement plus d’un tiers du trafic durant les heures de pointe, selon une étude de Brussels Studies Institute.

Un dispositif coûteux et peu profitable écologiquement

Les critiques soulignent aussi le caractère inégalitaire du dispositif de voitures salaires. Présentée comme un avantage fiscal destiné au grand public, cette aide bénéficie surtout aux 30 % les plus riches, qui possèdent 80 % de ces automobiles.

Ces avantages pénalisent logiquement l’administration fiscale belge, dont le manque à gagner est estimé autour de 2,3 à 4,2 milliards d’euros. Des voix s’élèvent pour récupérer cette somme afin de la réaffecter dans des secteurs sous pression, dont la santé.

L’autre enjeu concerne l’impact environnemental du verdissement des flottes. Derrière leur sigle « zéro émission », les véhicules électriques ne seraient pas tout à fait 100 % non polluants, à cause des destructions inhérentes à l’extraction des métaux rares indispensables à leur construction.

Puis, il y a aussi l’effet rebond, selon lequel les conducteurs auraient tendance à utiliser davantage leur voiture, une surexploitation qui annule une partie du gain énergétique primaire.