
Le succès très médiatisé de quelques jeunes pousses suscite des vocations, au point de faire émerger une nouvelle catégorie d’entreprise, la start-up Uberisante Hyper Croissante (ou SUHC). Mais malgré leur ascension fulgurante et la part de rêve qu’elles véhiculent, celles-ci ne sont pas à l’abri des couacs.
Les sociétés en hyper croissance aussi connaissent des défaillances
Fin août, Take Eat Easy déposait le bilan, après avoir connu une progression de 30 % par mois. De son côté, un UBER montre pour ses premiers résultats semestriels une perte de 1 milliard de dollars…
Au vu de la multiplication des candidats à l’ubérisation dans une grande diversité de domaines, ces défaillances sont souvent occultées. Pourtant, l’effet de leur chute est tout aussi impressionnant, voire plus, que leur hyper croissance.
Les entrepreneurs ne doivent pas oublier que comme toute société, leur SUHC doit obéir à toutes les règles générales. Par ailleurs, il est plus difficile de la piloter et d’opérer le moindre changement de cap, compte tenu de sa vitesse de croissance.
Les clés du succès d’une SUHC
Pour donner les meilleures chances de réussite à une organisation en hyper-croissance, il existe quelques fondamentaux. Le premier est l’élaboration d’un Business Model et d’un Business Plan alignés, mais surtout, flexibles.
À chaque étape-clé et à chaque nouvel objectif, les indicateurs de performance (KPI) doivent pouvoir être ajustés rapidement. Par ailleurs, ils doivent intégrer les prévisions de développement et leurs conséquences financières, ainsi que des pistes d’évolution alternatives.
Autre impératif, une gestion au plus près de la trésorerie. Il faut en effet gérer les besoins en fonds de roulement en tenant compte des décalages entre l’encaissement des créances et le paiement des dettes, des éventuelles baisses d’activité… et prévoir les moyens pour alimenter la caisse. La rentabilité a également son importance ; connaître les ratios de performance guide le dirigeant, et rassure les salariés ainsi que les investisseurs et autres partenaires.
Enfin, dans un contexte d’hyper croissance, la SUHC ne doit pas négliger le back-office, car c’est souvent l’incapacité de ce dernier à absorber le surcroît d’activité qui la freine. Les processus critiques doivent être rationalisés, si possible automatisés, afin de simplifier le traitement au fur et à mesure des flux imprévus.
L’anticipation des enjeux organisationnels, techniques et financiers offre au chef d’entreprise des bases solides. Elles le doteront de la capacité d’adaptation indispensable dans un environnement souvent très fluctuant et lui permettront de se focaliser sur les problématiques de front-office et opérationnelles.