Un professionnel dépassé par ses retards de paiement

On assiste aujourd’hui à un paradoxe du contexte économique des PME. Alors que le redémarrage des investissements et les signes de reprise tendent vers le positif, les retards de paiement entre entreprises augmentent de manière exponentielle. Cette situation peut s’expliquer par la fragilité de la trésorerie de ces structures, une conséquence directe de la crise.

Dans un contexte de reprise des activités, plusieurs sont les PME qui affichent un retard sur leur paiement auprès des fournisseurs. Cela peut s’expliquer par le fait que la plupart d’entre elles ne se sont pas encore remises de la précédente période de crise, particulièrement au niveau de leur trésorerie.

Pour lutter contre ces retards de paiement, des mesures devraient être adoptées, dont le renforcement du « name and shame » et la fixation du délai légal unique de paiement à 30 jours.

Par ailleurs, ces mesures sont une demande des entreprises elles-mêmes, dans la mesure où 56% d’entre elles souhaitent que le nom des mauvais payeurs soit rendu public.

Les PME possèdent une trésorerie encore fragilisée par la crise

Les chefs d’entreprise ne peuvent que se réjouir de la situation actuelle. En effet, en plus d’une croissance attendue de 1,8% pour l’année 2017, les professionnels disent avoir amélioré leurs activités ces derniers mois : en redémarrant les investissements et en reprenant les activités.

Et pourtant, face à cette situation favorable aux investissements, les cas de retards de paiement se succèdent. En effet, l’année 2017 enregistre une moyenne de 14,5 jours, contre 11,8 jours l’année précédente pour les TPE, et une baisse trop limitée pour les grandes entreprises (9,6 jours en 2017, contre 10,4 jours pour l’année 2016).

Chez les PME, cette conjoncture s’explique par une trésorerie encore affaiblie par la crise. Durant cette première phase de reprise, la gestion de ces structures reste une source de tensions. En effet, pour répondre aux nouvelles commandes et à ces besoins (embauche, paiement des fournisseurs), une entreprise ne peut plus compter sur ses comptes.

Les alternatives pour pallier ce problème de retard de paiement

Il est indubitable que l’on assiste actuellement à un contexte d’accès difficile au financement bancaire et que les solutions alternatives comme le recours aux affacturages demeurent trop coûteuses. Ainsi, les PME n’ont d’autres choix que de répercuter leurs difficultés sur leurs fournisseurs. Pourtant, le non-respect des délais de paiement est la cause de la fermeture de 40 PME chaque jour.

L’une des solutions apportées pour pallier ce problème serait de fixer le délai légal unique de paiement à 30 jours maximum. Il s’avère en effet nécessaire de clarifier ce délai légal de paiement à 30 jours, qui est mis en place automatiquement s’il n’a pas été négocié dans le contrat. Bien que la mesure ait été prise en faisant appel au bon sens de chacun, elle soulève toutefois plusieurs confusions et incertitudes.

Cette situation est la preuve que les entreprises ne peuvent se satisfaire de l’évolution des mesures prises pour impulser les changements dans leur secteur. Manifestement, les dispositions prises par les pouvoirs publics, certes dans le but d’améliorer la situation des entreprises, restent insuffisantes (LME, Hervé Novelli, amendes de la loi Hamon, la loi Macron avec les amendes administratives rehaussées par la loi Sapin).

Une autre option est également avancée par la loi Macron : l’introduction de la politique du « name and shame ». Elle a déjà fait ses preuves auprès des entreprises allemandes ainsi que dans le secteur des transports pour soutenir l’activité durant sa période difficile. Rappelons que c’est grâce à cette politique que ce secteur a pu se redresser après l’abaissement du délai légal en 2006.

Par ailleurs, Bruno Le Maire vient appuyer cette lutte contre le retard de paiement des PME. Il annonce que le délai légal unique à 30 jours ainsi que le renforcement du « name and shame » pourraient figurer dans le projet de loi sur les PME ; intitulé « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises ».

Ces mesures sont une demande des entreprises elles-mêmes, étant donné que plus de la majorité d’entre elles (56%) souhaitent la publication des noms des mauvais payeurs dans les bases d’informations légales.

Malgré cette efficacité du « name and shame », certains estiment que ce dispositif risque d’affaiblir la capacité d’emprunt des PME, d’accroître leur endettement et de représenter un obstacle à leur développement. Or, cela impacterait directement sur la création d’emplois.