
D’après un sondage récent, près de 42 % des gérants de PME puisent dans leurs économies ou demandent des financements d’urgence pour effectuer leurs paiements dans les temps. Ce phénomène est entre autres dû aux délais de versement impartis. Par ailleurs, les petites structures sont les plus touchées par ce problème.
La société spécialisée dans le paiement, GoCardless, a récemment réalisé une étude se focalisant sur les principales préoccupations des petites et moyennes entreprises (PME) en France. Mené auprès de 250 établissements, le sondage a montré que les petites structures sont surtout inquiètes vis-à-vis des délais de paiement.
Ce problème semble les concerner davantage par rapport à d’autres sujets d’actualité comme les retombées du Brexit ou l’application du RGPD (Règlement général sur la protection des données). Certains dirigeants en arrivent même à utiliser leurs économies ou à faire appel à des dispositifs de financement d’urgence pour pouvoir honorer les engagements de l’entreprise.
Un problème entraînant une réaction en chaîne
Selon une étude menée par l’expert en paiement GoCardless, 87 % des gérants de PME sont plus sujets au stress et à l’anxiété en raison de l'incertitude par rapport à l’arrivée des paiements. 81 % d’entre eux affirment notamment qu’ils ne sont pas sûrs de pouvoir régler les factures de leurs entreprises dans les temps. Pour 54 % des entrepreneurs interrogés, les délais de paiement de leurs clients ont même entraîné des retards significatifs dans le règlement de leurs créances.
Dans le but d’éviter ou de compenser les retards, 42 % des PME auraient été obligées d’utiliser leurs économies ou de demander un financement d'urgence pour pouvoir honorer leurs dus. Ces soucis ont par ailleurs des effets notables sur l’activité de l’entreprise, surtout durant les premières années.
Ainsi, sur cette période, 56 % d’entre eux ont dû revoir à la baisse leurs embauches, leurs salaires ou leurs congés à cause des délais de paiement.
Pour remédier à ce problème, il serait assez avantageux d’envisager l’automatisation des paiements de la clientèle comme l’a fait Cuddl'Up. Créée en 2015, cette société se spécialise dans l’accompagnement de cafés et restaurants dans leur processus de digitalisation. D’après son dirigeant Marc de Gibon :
« Nous avions accumulé un retard de paiement de 17 000 euros qui mettait en danger la société. Passer 50 % de nos clients au prélèvement automatique nous a tout de suite permis de récupérer une grande partie de cette trésorerie manquante. Tout est désormais automatisé et je n'ai plus besoin de m'en occuper, ce qui me permet de me concentrer davantage sur le développement de notre activité ».
Marc de Gibon.
Une situation problématique pour les petites sociétés
Pour les gérants de petites et moyennes entreprises, les problèmes liés au besoin de trésorerie sont des sujets sensibles, mais assez récurrents. Ainsi, 85 % des PME participant à l’étude citée précédemment ont affirmé qu’un meilleur système de paiement devrait leur permettre de promouvoir leur activité et de se développer plus rapidement.
Pourtant, à l’échelle nationale, seul un tiers des PME (environ 35 %) se servent actuellement de solutions technologiques pour recevoir leur paiement à temps.
Selon le vice-président de GoCardless France, les PME devraient systématiquement avoir les moyens de savoir si et quand leurs paiements arriveront pour assurer le bon fonctionnement de leur activité. De ce fait, un changement de méthode s’impose dès que les délais de paiement empêchent les petites structures de régler leurs factures dans les temps. Parfois, ils sont même obligés de faire appel à un financement d'urgence pour s’acquitter de leurs dus.
D’après son bulletin pour la période janvier-février 2019, la Banque de France estime que les délais de paiement sont relativement stables pour les entreprises françaises. Ils atteignent les 51 jours d'achats au niveau des fournisseurs, contre 44 jours du chiffre d'affaires 2017 pour les délais clients. L’institution note par ailleurs qu’environ un tiers des entreprises sont capables d’attendre des paiements jusqu’à 60 jours, voire plus.
Selon l’institution, l’augmentation des ventes sur la période 2016-2017 et le report des créances en retard entraînent inévitablement une augmentation du coût de trésorerie et un accroissement des encours de créances clients. Le déficit de liquidité durant cette même période est évalué à 19 milliards d'euros pour les PME.
D’un autre côté, près de la moitié des grandes entreprises paieraient leurs fournisseurs au-delà du délai imparti. Ce type de structure bénéficierait, pour sa part, d'un transfert de trésorerie à hauteur de 13 milliards d'euros.