À la fin du confinement, les grandes enseignes se heurtent à des problèmes d’excédent de stocks et de manque à gagner dans leur trésorerie après des semaines de fermeture. La solution qu’elles privilégient pour régler ces deux soucis en même temps sont les promotions, à outrance pour certaines. L’objectif étant de faire du chiffre rapidement et de liquider les stocks. Au grand dam des petits commerçants.
La course aux déstockages
La politique de prix agressive est une question de survie pour les grands magasins. Pour bon nombre d’entre elles, cette mesure reste le meilleur moyen pour réagir en urgence face au besoin de trésorerie et pour inciter les clients qui ont pris du goût au commerce en ligne, à revenir faire du shopping.
Ainsi, Gifi et Decathlon appliquent des tarifs promotionnels de –50 % tandis que Gémo va plus loin avec -70 %.
Daniele Pederzoli, professeur de marketing à la NEOMA Business School, souligne que
Le but de cette stratégie est plus de faire rentrer de l’argent frais rapidement que d’augmenter le cshiffre d’affaires.
Important Autre priorité : l’écoulement des stocks qui grossissent. En effet, les grandes enseignes n’ont pas cessé d’alimenter leurs entrepôts durant la mise en quarantaine. Or, la plupart d’entre elles ne disposent pas d’infrastructures pouvant accueillir d’énormes quantités de marchandises.
Les petits commerçants se sentent lésés
Les commerces indépendants sont inquiets face à ces opérations promotionnelles spectaculaires. Ils n’ont pas les moyens de concurrencer les grandes enseignes. Celles-ci ont en effet plus de marge de manœuvre grâce à leur coefficient multiplicateur entre le prix d’achat et le prix de vente qui est élevé (de 7 à 12) alors que chez les petits opérateurs, ce coefficient varie entre 2 et 3.
Bénédicte Boudet-Corric, déléguée générale de la Confédération des commerçants de France (CDF), explique que
Les grands groupes arrivent à faire de la marge même avec des rabais de 40 % alors que ce n’est pas le cas chez les indépendants.
L’institution se bat ainsi actuellement pour que les grandes enseignes renoncent à ces promotions et maintiennent leurs tarifs habituels.mai
La date des soldes décalée
Autre surprise de l’après-confinement pour les consommateurs : les grandes enseignes et les commerçants se sont accordés pour repousser la date des soldes d’été.
Selon la secrétaire d’État Agnès Pannier-Runacher,
La période des soldes pourrait débuter vers la mi-juillet si tous les ans, elle commence le 24 juin.