
Affaiblies financièrement à cause de la crise, nombreuses sont les entreprises en quête de ressources financières auprès des banques essentiellement pour garder la tête hors de l’eau. Et en y regardant de près, l’on constate qu’elles ont fait leur choix pour les crédits de trésorerie. Une tendance qui n’a fait que s’accentuer au deuxième trimestre.
Pour les entreprises, parvenir à répondre à leur besoin de trésorerie demeure en tête de liste de leurs priorités depuis que la présence du coronavirus est détectée dans l’Hexagone pour y engendrer une crise sanitaire et économique mettant à mal leur santé financière.
Dans ce sens, tout indique d’ailleurs que le recours aux emprunts bancaires est l’une des solutions adoptées si l’on tient compte du fait qu’au premier trimestre 2020, le taux de demande aux crédits a fait un bond considérable, alors qu’il était sur une tendance baissière en 2019.
Et comme l’on pouvait s’y attendre, ce penchant n’a fait que s’accentuer au second trimestre en notant que les prêts de trésorerie sont les grands gagnants de cette course au financement en laissant loin derrière les autres types de créances à l’instar des offres dédiées aux investissements.
Les prêts d’investissement écartés
En période de crise, la prudence est de mise pour les entreprises. Pour le dire, il suffit de prendre en compte le fait qu’elles sont de plus en plus nombreuses à écarter les prêts d’investissement de leur chemin notamment depuis l’entrée en scène de la pandémie du Covid-19. Banque de France en donne les preuves à travers ses données statistiques pour le second trimestre de cette année. Celles qui mettent en exergue la tendance baissière des demandes d’accès à ce type d’emprunt en passant de :
- 16% au premier trimestre à 13% au deuxième pour les PME, alors qu’une structure sur cinq s’y est lancée en 2019 ;
- 8% à 6% pour les TPE, alors que ce niveau était de 11% à fin 2019.
En ce qui concerne ces TPE, la Banque centrale a, en outre, souligné que l’accessibilité aux crédits d’investissement et d’autant plus difficile témoignant la baisse de confiance des banques envers ces structures de petite taille avec un taux de pénétration passant de 90% en 2019 à 84% entre avril et juin 2020. Un niveau qui trône cependant à respectivement 95% et 96% pour les PME et les ETI.
Aussi, il faut préciser que ces entreprises de taille intermédiaire, sont les seules à voir la barre à la hausse avec un taux de demande de 19% sur cette période contre 18% de janvier à mars.
La priorité aux crédits de trésorerie
Si les crédits d’investissements sont très peu sollicités au deuxième trimestre, c’est loin d’être le cas pour les prêts de trésorerie donnant la preuve d’un besoin accru des entreprises de se créer un coussin financier leur permettant d’amortir les dégâts en cas de difficultés. Dans ce sens, le rapport de Banque de France a ainsi démontré que les demandes ont fait un bond considérable en passant de :
- 20% au premier trimestre à 40% au deuxième pour les ETI ;
- 13% à 28% pour les TPE ;
- 17% à 47% pour les PME.
Soit, autant de chiffres démontrant que le système a bien fait de doubler la cadence à la seconde moitié du premier semestre. Mieux encore, 94% (67% au premier trimestre) des dossiers ont obtenu en moyenne une réponse positive auprès des banques en notant qu’il s’agit là d’un nouveau record après celui enregistré en 2012 avec 75% à son actif. Dans les détails, ce taux d’accès s’est élevé à :
- 90% pour les TPE et les PME après les 56% affichés entre janvier et mars ;
- 91% contre 67% pour les ETI.
Une progression qui s’explique d’ailleurs à travers un effet de rattrapage mettant en avant le traitement des dossiers des TPE et des PME mis en attente au premier trimestre. À noter également que le succès du PGE (prêt garanti par l’État) y est également pour beaucoup puisque d’après Banque de France, ce dispositif fait également partie des crédits de trésorerie.