
L’an dernier, le gouvernement est venu à la rescousse de certaines entreprises, dans l’Hexagone, en leur versant des aides financières conséquentes et les a recapitalisées, dans le cadre du programme de renforcement exceptionnel. Cette année encore, des aides vont être distribuées, sauf que le budget qui y est consacré a été revu à la baisse.
Les retombées économiques – négatives — de la crise sanitaire ne sont plus à rappeler. Plusieurs entreprises se retrouvent aujourd’hui criblées de dettes et ont, de ce fait, un énorme besoin de trésorerie. Pour éviter qu’elles ne déposent leur bilan, le gouvernement français a lancé le programme de « renforcement exceptionnel des participations financières de l’État dans le cadre de la crise sanitaire ». Les entreprises jugées stratégiques et répondant à certains critères ont ainsi été renflouées.
Cette mesure va être renouvelée cette année, au grand bonheur des sociétés en difficulté. Toujours est-il que l’enveloppe a été fortement réduite. En effet, si le budget initial s’élevait à 11 milliards d’euros, il a été réduit à 7 milliards d’euros.
Une entreprise suffisamment influente pour entrainer une faillite en chaine
Le ministre chargé des comptes publics, Olivier Dussopt, a annoncé devant la Commission des Finances, le 11 mai dernier, la baisse de la somme allouée aux aides d’urgence. Selon lui, les besoins identifiés en 2021 sont plus faibles qu’anticipés, d’où cette réduction. Néanmoins, il rajoute que le budget pourrait être revu à la hausse en cas d’augmentation des niveaux d’endettement moyen, d’une prolongation des mesures sanitaires ou une reprise d’activité lente.
Les critères d’éligibilité à cette aide gouvernementale sont très stricts. Les entreprises qui souhaitent bénéficier de ce programme devront être sous capitalisés, œuvrer dans un secteur revêtant un enjeu de souveraineté ou avoir suffisamment d’envergure pour que leur dépôt de bilan entraine une faillite en chaine. C’est à l’Agence des participations de l’État (APE) qu’il revient de sélectionner les candidats. Une vingtaine de sociétés répond aux critères de sélection, mais jusqu’à maintenant, seulement trois d’entre elles ont reçu une aide financière conséquente, dont Air France et la SNCF.
Une enveloppe largement inférieure à celle de l’Allemagne
C’est Air France qui a le plus bénéficié de ce programme de l’État. Le groupe fait partie des sociétés les plus impactées par les restrictions sanitaires du fait de la chute drastique du trafic aérien. Une aide de 9 milliards d’euros leur a ainsi été versée et Air France vient de bénéficier d’un vaste plan de recapitalisation.
En effet, le gouvernement a converti en quasi-fonds propres le prêt d’actionnaires qui a été accordé à la compagnie aérienne l’année dernière. L’État a également souscrit l’augmentation de son capital à hauteur de 593 millions d’euros.
La SNCF fait aussi partie des bénéficiaires de ce programme d’aide. Le gouvernement a investi 4,05 milliards d’euros dans l’augmentation du capital de la SNCF fin 2020.
Le même programme a été déployé en Allemagne, à la différence que l’enveloppe est beaucoup plus épaisse. En effet, le gouvernement allemand a débloqué 100 milliards d’euros et a jusqu’à maintenant recapitalisé 16 sociétés. Selon certains députés, dont Valérie Rabaut, le gouvernement français devrait s’aligner sur le même budget, car l’enveloppe actuelle ne permet pas d’intervenir efficacement sur les axes stratégiques.
La parlementaire estime aussi que les critères d’éligibilité à ce programme doivent être assouplis. D’ailleurs, elle a souligné que le gouvernement n’a jamais clairement présenté les conditions d’accès à cette aide. Et d’ajouter que les orientations stratégiques et sectorielles devraient être débattues avec l’ensemble du corps gouvernemental.