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Les magasins spécialisés de l’habillement et des textiles figurent dans la liste des commerces autorisés à ouvrir pendant le confinement de 2021. Pour bon nombre des petites entreprises, l’autorisation d’ouvrir ressemble plus au parcours du combattant qu’à un privilège. Elles réclament le déploiement rapide d’une aide pour pouvoir remonter la pente.

À quoi ressemble le quotidien des petites boutiques de vêtements et de textiles qui ouvrent pendant le confinement de 2021 ? Un quotidien régional a mené sa propre enquête auprès de quelques magasins de l’Orne. Les témoignages des vendeurs mettent en lumière les difficultés rencontrées par ces commerçants jugés essentiels, en ces périodes où la clientèle se fait rare. Les flux de liquidités tombent à des niveaux planchers, alors que les coûts et charges fixes continuent de peser sur la balance. Les vendeurs interrogés par le journal partagent l’avis de la FNH et réclament un renforcement des aides aux stocks et du fonds de solidarité.

Une aide exceptionnelle pour des commerçants à bout

Fin avril, la Fédération nationale de l’habillement (FNH) lance l’alerte sur la situation catastrophique et les difficultés rencontrées par les commerces de textiles pour financer leur besoin de trésorerie. Victimes de trois fermetures successives depuis le début de l’épidémie en France, les acteurs du marché de l’habillement et de l’équipement de la personne se trouveraient en situation d’asphyxie économique. Les dettes s’accumulent et les stocks grossissent à vue d’œil. En l’absence d’activité, les réserves de trésorerie fondent rapidement, menaçant la survie même des 32 000 détaillants et 100 000 salariés du secteur.

Dos au mur, les membres de la FNH en appellent à une intervention gouvernementale. Ils demandent notamment la prise en charge des congés payés et la mise en place d’un dispositif spécial pour contourner ou surmonter le « mur de dettes » qui attend plusieurs entreprises du textile. Ces requêtes exceptionnelles semblent avoir convaincu l’exécutif, qui vient d’annoncer le versement d’une aide spécifique pour les stocks invendus des entreprises indépendantes de l’habillement. Selon le ministre des Finances et de l’Économie et le ministre des PME, le soutien en question représentera 80 % de la valeur du fonds de solidarité perçu au titre de novembre 2020.

Désertion des clients et assèchement de la trésorerie

L’aide aux stocks annoncée par Bercy reçoit un accueil favorable des magasins indépendants, les plus touchés par la crise selon l’enquête d’un quotidien régional. Ce dernier s’est penché sur le cas de deux boutiques de textiles de l’Orne pour étayer ses propos. Les gérantes de ces enseignes déplorent l’impact du troisième confinement sur leur trésorerie, en chute libre durant le mois d’avril. Les gens continuent de passer devant leurs portes, mais semblent surpris et étonnés de voir des magasins d’habillement ouverts pendant le confinement.

Même si ces boutiques expriment leur souhait de passer au digital et utiliser le click-and-collect, elles ne sont pas éligibles aux aides à la création de sites internet. Ce dispositif s’adresse uniquement aux entreprises qui ferment leur point de vente physique pendant le confinement. L’aide exceptionnelle de l’État pour les stocks, d’un montant de 6 000 euros environ, arrive à point nommé pour ces commerçants.