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Stratégie France a récemment rendu public son rapport d’évaluation sur la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté. La note qui a permis de découvrir qu’un volet a été consacré aux jeunes de 18 à 24 ans. Cette catégorie de la population qui, selon l’organisme, est la plus à souffrir de la précarité.

Deux ans et demi après son lancement, le dispositif « Stratégie pauvreté » du gouvernement pour mettre fin au « scandale de la pauvreté » a une nouvelle fois fait l’objet d’une évaluation de la part de Stratégie France, l’organisme en charge de cette mission.

Présidé par Louis Schweitzer, ce comité rattaché au Premier ministre a ainsi découvert que par rapport aux jeunes européens de 18 à 24 ans, les Français de la même catégorie d’âge sont plutôt mal barrés.

La raison expliquant son choix de formuler certaines recommandations qui devraient permettre au système de rectifier le tir en misant essentiellement sur le dispositif RSA.

Les Français de 18 à 24 ans en mauvaise posture

Profitant de la présentation de son rapport d’évaluation sur la stratégie nationale de prévention et de lutte contre la pauvreté lancée en 2018, Stratégie France a fait savoir que, malgré ce dispositif, les Français de 18 à 24 ans sont en mauvaise posture par rapport aux autres jeunes européens. D’après Louis Schweitzer :

Ces jeunes sont touchés par la pauvreté matérielle, par le chômage, par la crise de la Covid, or ils ne bénéficient pas d’un revenu de substitution, alors que c’est le cas chez la plupart de nos voisins européens.

Louis Schweitzer

Et de préciser :

C’est unique à la France. Il y a en France, dans cette classe d’âge, plus de pauvres que dans beaucoup de pays d’Europe.

Louis Schweitzer

Une situation qui intervient, alors que dans la « Stratégie pauvreté », de nombreux outils sont mis en place pour y remédier si ce n’est que d’énumérer le revenu universel d’activité, le petit déjeuner à l’école ou encore la formation des jeunes déscolarisés.

L’élargissement du dispositif RSA recommandé

Dans son rapport, Stratégie France a évoqué le fait que le dispositif RSA est en partie à la source de la précarité des jeunes Français. Ce pour la simple raison qu’ils en sont exclus. Ainsi, pour rétablir l’équilibre, l’organisme estime que l’élargissement de la portée de cette mesure à cette classe d’âge est de mise en précisant que l’État aurait affaire à un besoin de trésorerie important face à ce changement. Selon Louis Schweitzer :

C’est une mesure qui aurait un coût significatif avec une fourchette comprise entre 5 et 7 milliards d’euros par an. Il se substituerait au système de bourses.

Louis Schweitzer

Dans les détails, ce président du comité d’évaluation a ainsi mis en exergue les différentes lignes étudiées pour la mise en place de ce nouveau mécanisme qui devrait également permettre à ces jeunes de bénéficier des avantages d’un « revenu de base » spécifique selon leurs ressources. Ce, en explorant des pistes à travers le système de bourses pour les étudiants et la solidarité familiale. Aussi, cet ancien patron de Renault a ajouté que :

Il faut aussi étudier impact sur la fiscalité, sur les prestations sociales, et les économies indirectes qui seraient réalisées sur d’autres domaines.

S’ajoutant à cela, ce responsable a aussi tenu à signaler que la lutte contre le non-recours au RSA sera également renforcée étant donné que :

Un tiers des personnes qui ont des droits à des prestations sociales n’exercent pas ce droit.