
4 milliards d’euros, c’est le montant nécessaire pour mener à bien le plan de recapitalisation d’Air France. Après des semaines de négociations entre les dirigeants de la compagnie aérienne nationale, l’État français et la Commission européenne, l’opération obtient finalement le feu vert de Bruxelles, non sans quelques concessions sur les créneaux de vol à Orly.
La compagnie Air France, mise en difficulté par l’effondrement du trafic aérien international en 2020 et en 2021, discute depuis plusieurs mois d’une recapitalisation jugée indispensable pour sa survie. L’opération repose beaucoup sur l’intervention de l’État, lequel s’est déjà porté au secours du porte-fanion de l’industrie aérienne nationale en juin 2020.
Au total, la France mettra 4 milliards d’euros sur la table, dont une partie sous forme de prêt converti en titres super subordonnés et une autre partie investie dans une augmentation de capital. Ce montage vient de recevoir l’aval de la Commission européenne, qui a aussi imposé quelques conditions.
Des cessions de créneaux et une sortie de crise après 6 ans
Embourbé depuis 2020 dans de graves problèmes financiers l’empêchant de financer correctement son besoin de trésorerie, Air France vient d’obtenir le feu vert de Bruxelles pour son plan de recapitalisation de 4 milliards d’euros. La Commission européenne a toutefois conditionné son accord à la cession de 18 créneaux horaires détenus par la compagnie à l’aéroport d’Orly. Cette mesure permettrait à la firme de se mettre en diapason aux règles de concurrence en vigueur en Europe.
Bruxelles avait demandé l’abandon de 24 créneaux horaires, comme Lufthansa l’a fait à Francfort et à Munich. Les tractations de l’État français ont permis de limiter ces cessions à 18 créneaux. Au sujet de la recapitalisation de KLM, l’État néerlandais ne s’est pas encore clairement prononcé. La nouvelle coalition qui dirige la Hollande confirme néanmoins que les négociations avec la Commission européenne sont en cours. Si ces discussions aboutissent à leur terme, les Pays-Bas pourraient accorder la conversion en obligations d’un prêt d’un milliard d’euros qu’ils ont précédemment accordé au holding Air France-KLM, portant ainsi à 5 Mds€ le montant total de la recapitalisation.
Cependant, Bruxelles précise que la participation de l’État français doit diminuer 12 mois après l’opération. Si la part de la France dans la compagnie aérienne n’est pas significativement abaissée après 6 ans, Air France-KLM se trouvera dans l’obligation de proposer un nouveau plan de restructuration.
Une recapitalisation et une augmentation des parts de l’État français
L’opération de 4 Mds€ se divise en deux parties. Sur cet ensemble, 3 Mds€ seront injectés sous forme de quasi-fonds propres convertis à partir du prêt direct de montant équivalent accordé par l’État français en juin 2020. Le second volet prend la forme d’une augmentation de capital d’une valeur de 1 milliard d’euros, dans laquelle les actionnaires actuels du holding franco-néerlandais ont la priorité.
Le plan prévoit aussi le report de remboursement des 4 Mds€ de prêt garanti contracté par la compagnie l’année dernière. La nouvelle intervention de l’État français entraîne mécaniquement sa montée au capital de la compagnie aérienne. De 14,3 % actuellement, sa part augmentera significativement, même si elle restera en dessous du seuil de 30 %.
Outre l’État français, d’autres actionnaires contribueront à l’opération, dont China Eastern. L’État néerlandais et Delta Airlines passeront en revanche leur tour, et leur participation s’en trouvera diminuée après la recapitalisation.