couple qui danse dans une maison

Alors que l’économie redémarre progressivement depuis quelques mois, les acteurs de la rénovation en Belgique peinent à suivre la cadence. Les délais s’allongent et les prix des matériaux montent en flèche, un phénomène que beaucoup attribuent aux perturbations provoquées par la crise sanitaire. Cette flambée des prix oblige les entrepreneurs à se réorganiser.

Au plus fort de la crise sanitaire, la Belgique, comme presque tous ses voisins européens, a décrété un confinement général sur son territoire, dans le but de stopper la chaîne de transmission du virus du Covid-19. Cette décision a porté un coup dur à plusieurs secteurs de l’économie, dont l’hôtellerie et la restauration, ainsi que l’industrie de la rénovation. Les chaînes d’approvisionnement en matériaux de construction ont été bouleversées. On en ressent actuellement les conséquences : les prix des matériaux flambent tous les jours. La reprise des commandes n’a fait qu’accentuer cette tendance. Ce sont les consommateurs qui en paient finalement le prix fort.

Une hausse des prix soutenue par le marché

Obligés de rester à leur domicile pendant plusieurs mois, les ménages belges ont été nombreux à prendre conscience de l’importance de bien prendre soin de leur logement, surtout sur le plan énergétique. Les gouvernements européens abondent d’ailleurs dans ce sens, dans un contexte de sensibilisation générale à la transition écologique. Les dispositifs spéciaux, comme les financements du besoin de trésorerie en rénovation, les primes énergétiques et autres aménagements fiscaux, encouragent les Belges à optimiser les performances énergétiques de leur habitation. Les acteurs de la rénovation s’attendent donc à une demande soutenue dans les prochains mois, voire au-delà.

Cette dynamique positive n’est pas près de stopper la hausse des prix des matériaux amorcée depuis quelques mois. Pour 58 % des entrepreneurs, les problèmes d’approvisionnement et les retards de livraison perdureront quelques mois supplémentaires. 40 % des entreprises s’attendent également à une hausse de 15 % ou plus des prix durant les trois prochains mois. Passé ce délai, ils pourraient tasser. Néanmoins, la tendance sur le long terme et les projets de travaux attendus dans les prochaines années laissent plutôt croire à une évolution à la hausse des prix, lesquels ont peu de chance de revenir à leurs niveaux d’avant.

Une inflation qui touche particulièrement le bois

Selon la Confédération Construction, 60 % des entrepreneurs ressentent une hausse de 15 % ou plus des prix depuis le début de l’année. Près d’un tiers des entreprises parlent même d’une inflation de 25 % ou plus. Cette flambée concerne presque tous les matériaux de construction, les évolutions les plus faibles étant limitées à la brique, le ciment et la pierre. En revanche, le bois a subi la plus forte augmentation des prix, et ce, pour presque toutes les essences. Le prix du cèdre a ainsi bondi de 35 % sur les trois derniers mois. Le sapin s’est apprécié de 35 % sur cette même période.

Cette tendance haussière se répercute évidemment sur les matériaux finis tels que les fenêtres, les portes et les châssis, ainsi que sur :

  • Le vitrage ;
  • La quincaillerie.

Ces prix fluctuants perturbent les entrepreneurs, obligés d’anticiper les augmentations dans leurs devis. Même si certains rénovateurs s’efforcent d’absorber les hausses de prix en réduisant leurs marges, l’impact sur la facture finale du client se fait sentir. Les donneurs d’ordre doivent aussi accepter des délais à rallonge, à cause des difficultés rencontrées par les entrepreneurs à se fournir en matériaux. 80 % des entrepreneurs disent rencontrer de telles difficultés ces derniers mois.