
Avec la montée en force de l’épidémie du coronavirus et ses conséquences, France Télévisions s’attendait, depuis le début de la crise, à subir une perte d’exploitation sur la période d’exercice de 2020. Et maintenant que c’est chose faite, le groupe pense que la saison 2021 sera aussi rangée sous la même enseigne pour l’inciter à mettre sur pied une stratégie pour garder l’équilibre.
Pour le secteur tricolore de l’audiovisuel, la saison 2020 est essentiellement marquée par la chute de la publicité à cause la crise sanitaire. Ce qui explique en outre la perte d’exploitation considérable subie par les professionnels du domaine qui sont bien nombreux à éprouver beaucoup de difficultés à répondre pleinement à leur besoin de trésorerie.
France Télévisions n’échappe pas à cette règle, malgré le soutien de l’État se manifestant à travers le plan de relance de 45 millions d’euros lancé en septembre dernier. Plus encore, le groupe public estime qu’il aura à subir le même sort en 2021, malgré les dispositions prises pour limiter les dégâts.
Le groupe prend les devants
Comme susmentionnée, France Télévisions s’attend encore à essuyer une perte d’exploitation en 2021. Soit à hauteur de 35,3 millions d’euros, alors que cette année, le groupe a déjà perdu 24,5 millions d’euros. Ce qui ramène à dire que le pire est à venir pour l’entreprise qui tente d’en limiter l’étendue en adoptant certaines mesures.
Dans ce sens, l’on constate que la baisse des effectifs fait partie de ses stratégies en se fixant comme objectif de réduire son personnel équivalent à temps plein à 9 021. Soit, 18 personnes de moins qu’en 2020 en notant que durant cette période, l’enseigne a déjà supprimé 417 postes.
Mais il ne s’agit là que d’un détail comparé à la réduction du coût de grille prévu pour la prochaine saison si l’on croit Delphine Ernotte, présidente du groupe précisant que cette situation concernera principalement les programmes nationaux faisant l’objet d’un repli de 39 millions d’euros.
Une décision qui intervient, alors que ces derniers ont déjà subi un repli de 38 millions d’euros en 2020. Des manques à gagner que France Télévisions prévoit de rattraper progressivement en ajoutant 20 millions d’euros au budget annuel dédié à la création pour l’élever à 500 millions d’euros.
Lesté par la plateforme de vidéo Salto
Dans un rapport, France Télévisions a fait savoir que, Salto joue un rôle majeur dans la perte d’exploitation enregistrée en 2020 et celle qui est prévue pour 2021. Ce, en notant que son résultat net aussi a subi le même sort en affichant un recul de 22,2 millions d’euros en 2020 et de 37,5 millions d’euros l’année suivante.
Ainsi, cette plateforme de vidéo à la demande par abonnement devrait encore peser sur les performances du groupe sur la prochaine saison en affichant un déficit estimé à 93 millions d’euros départagés entre M6, TF1 et France Télévisions, les opérateurs lui permettant de voir le jour en octobre de 2019.
Et en y regardant de près, un analyste a découvert que cette situation de faiblesse tire sa source à travers le système de financement adopté par ces acteurs en précisant que :
Salto est un investissement. Il est logique qu’il soit séparé du résultat d’exploitation communiqué hors éléments non récurrents, puisqu’il n’est pas financé par la redevance, mais pris sur la trésorerie.
Ce qui explique en outre la bonne tenue de l’activité principale de France Télévisions qui a le privilège d’être financée par les redevances et de bénéficier des avantages du plan de relance de 45 millions d’euros mis en place par le gouvernement en septembre.