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Crise sanitaire oblige, le groupe Suez avait modéré ses ambitions de résultat et de chiffre d’affaires. Seulement, les premières mesures de son plan stratégique 2030 semblent déjà porter leurs fruits et les performances de 2020 se sont révélées meilleures qu’attendues. Le champion de l’environnement entame donc la nouvelle année sur de bonnes bases.

Avec Veolia, Suez forme le duo de choc du secteur des services en faveur de l’environnement en France. Ces deux poids lourds n’en sont pas moins concurrents et un projet d’OPA lancé par Veolia est en cours depuis plusieurs mois.

Les discussions se poursuivent encore, mais Suez, déjà contrôlé en partie par son rival, compte bien préserver son existence. Et les nouvelles de ses revenus et de ses résultats au titre du dernier semestre 2020 lui apportent des atouts supplémentaires dans ce face-à-face. Contrairement à ces prévisions, son activité a montré une résilience plus forte que prévue face à la pandémie.

Un redéploiement stratégique sur la bonne voie

Veolia possède actuellement 29,9 % des actions de Suez et compte faire l’acquisition des autres parts encore sous le contrôle du groupe. Le conseil d’administration de Suez joue cependant la montre et privilégie le dialogue, tout en s’associant à un groupe formé par les fonds GIP et Ardian.

La contre-offre de ces investisseurs devrait freiner un peu les ardeurs de Veolia. Au-delà de ces bras de fer financier, la compagnie de gestion de déchets et de l’eau doit aussi s’occuper de sécuriser son besoin de trésorerie à moyen et à long terme.

ImportantD’où la mise en place de son plan stratégique 2030, dont l’un des volets majeurs consiste à vendre 3 à 4 milliards d’euros d’actifs.

Les liquidités récupérées de ces cessions servent ensuite à alléger la dette du groupe, qui s’élève à 9,8 Mds € au 31 décembre 2020. Une partie des recettes finance les opérations de rachat et de repositionnement stratégique de la firme.

Ces achats ont d’ores et déjà commencé : cette dernière confirme l’acquisition des parts de son partenaire chinois en 2020 pour un total de 700 M€. Avec ce redéploiement, Suez compte asseoir sa position dans les domaines :

  • du traitement de déchets dangereux ;
  • des services digitaux autour de l’environnement ;
  • des effluents d’origine industrielle.

Une surperformance sur presque tous les plans

Avec la crise, Suez s’attendait à un second semestre 2020 morne, avec un chiffre d’affaires en repli de -4 à -2 % et des résultats opérationnels limités entre 600 et 650 M€. Les premières observations de son directeur général font toutefois apparaître une surperformance bienvenue, en attendant la publication des comptes vers la fin du mois de février.

À la faveur d’une bonne dynamique des ventes au Moyen-Orient et dans la zone Asie-Pacifique, son activité a pu stabiliser son recul (-1 %). Même aux États-Unis, où la situation sanitaire semble hors de contrôle, le groupe a tenu bon.

ImportantSon résultat opérationnel s’établit ainsi entre 670 et 680 M€.

Bertrand Camus précise toutefois que les produits des ventes et les redéploiements stratégiques ont joué un grand rôle dans cette amélioration de la rentabilité.