Financement collectif

La Suisse découvre le crowdlending, le financement participatif par prêts sur internet, véritable alternative numérique au crédit bancaire.

Un marché en pleine expansion

Phénomène nouveau en Suisse, le financement participatif par prêts, crowdlending, commence à prendre de l’ampleur, si l’on en croit l’étude publiée par la Haute École de Lucerne. En 2015, près de 8 millions de francs suisses ont été réunis à travers les plateformes spécialisées. Et le volume et le nombre de prêts semblent exploser en 2016, grâce notamment à la multiplication des acteurs sur le net.

Depuis l’année dernière, les plateformes se sont ouvertes aux PME sous certaines conditions : être inscrite au registre du commerce, avoir leur siège en Suisse et justifier d’au moins deux ans d’activités.

Comme pour un crédit bancaire classique, les entreprises doivent fournir les documents habituels, comme le rapport annuel ou les états financiers, qui sont examinés par la plateforme avant que leur dossier ne soit mis en ligne.

Ce financement d’entreprise d’un nouveau genre est une alternative numérique crédible au crédit bancaire. Investisseurs et preneurs de crédit se rencontrent en ligne et les décisions se prennent rapidement.

Tous les types de projets ont leur chance, du préfinancement de marchandises au soutien à l’investissement et au développement. Et on trouve même déjà des plateformes spécialisées dans l’immobilier, le crowdinvesting, et même dans les énergies renouvelables.

Les limites du P2P lending en Suisse

Outre la rapidité de décisions, le financement participatif par prêts de l’économie réelle permet à des projets innovants de voir le jour. Et les investisseurs y trouvent également leur intérêt, puisque les taux pratiqués sont souvent supérieurs aux placements classiques.

Les spécialistes prévoient pourtant qu’à moyen terme la majorité des PME suisses continuera de se financer auprès des banques, sauf pour des prêts inférieurs à 200 000 CHF qui n’intéressent généralement pas les établissements financiers.

Mais pour que le crowdlending ait une véritable chance de croissance en Suisse, il faudra sans doute changer la règle des 20, qui limite le nombre de prêteurs par crédit à 20 personnes. Un obstacle incompatible avec l’esprit même du « financement par la foule ».