Obstable d'entreprise

Loin des clichés habituels, et avec près de 500 000 entreprises créées par an, la France fait partie en 2016 des 30 pays où il est le plus facile de réaliser des affaires (source Banque mondiale). Malgré tout, de nombreux freins subsistent et ceux-ci représentent souvent un obstacle rédhibitoire pour les nouveaux créateurs. Décryptage.

Un frein culturel

En France, l’entrepreneuriat n’est pas suffisamment valorisé. C’est surtout un problème fondamentalement culturel. Bien qu’elle soit considérée par beaucoup comme un moteur de croissance et de compétitivité pour le pays, la création d’entreprises continue pourtant de traîner une mauvaise réputation.

En effet, les clichés qu’on croyait complètement dépassés, restent toujours d’actualité : les méchants patrons qui profitent sur le dos de leurs salariés, la finalité de l’entreprise réduite à la simple recherche de profits et ses rôles sociaux complètement dénigrés, la richesse qui est encore perçue comme quelque chose de honteux...

Cela se combine bien entendu avec un climat économique et social délétère et un pessimisme ambiant généralisé qui ne cesse de s’exacerber.

Un manque d’informations frappant

Les différentes études disponibles se rejoignent aussi sur un point : les entrepreneurs souffrent d’un manque d’accompagnement que ce soit en amont ou en aval de la création.

On voit ainsi de nombreux chefs d’entreprise échouer dès leurs premières années, car ils manquent de repères opérationnels. L’absence d’information, voire de formation, à la gestion d’entreprise, et plus particulièrement sur les régimes et la fiscalité, constitue un autre obstacle courant.

La mise en place d’une action véritablement pédagogique devient dès lors une nécessité afin d’accompagner les entrepreneurs à travers toutes les étapes de création : choix du statut juridique, de la dénomination de l’entreprise, désignation des premiers dirigeants…

Lourdeurs administratives et financement

Malgré la bonne volonté des pouvoirs publics de simplifier la vie des entreprises, force est de constater que les démarches administratives sont toujours aussi longues et contraignantes. Les chiffres révèlent ainsi qu’en raison de ces lourdeurs, 4 entrepreneurs sur dix préfèrent abandonner ou remettre l’accomplissement de leurs formalités à plus tard.

Par ailleurs, l’accès au financement demeure une autre difficulté majeure rencontrée par les entrepreneurs, que ce soit au stade de lancement ou lors de la phase de développement de l’entreprise.

Mais la situation tend à s’améliorer puisque selon le rapport semestriel de la Banque Centrale Européenne, les PME notent une nette amélioration de la disponibilité des crédits professionnels en 2016.